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Il y 50 ans, jour pour jour, mourait Albert Camus, dans un accident de voiture à proximité de Paris. Il avait alors 47 ans. A bord de la voiture fut retrouvée une sacoche contenant les 140 feuillets de l’ébauche d’un roman « Le premier homme » publié à titre posthume.

Né en 1913, à Mondovi (Algérie), d’un père alsacien mort en 1915 « au champ d’honneur de la république » et d’une mère espagnole, illettrée et à moitié sourde, Camus est connu pour avoir écrit « L’étranger » (un chef d’œuvre de concision, de composition et d’unité), « La chute », « Caligula », « Le mythe de Sisyphe » ,etc …

En 1957, le prix Nobel de littérature distingue son œuvre qu’il dit lui-même, à peine ébauchée. «C’est Malraux qui aurait dû l’avoir » confie-t-il tandis qu’un Sartre, du haut de sa suffisance, lui lance « c’est bien fait !»

De Camus j’ai noté ces quelques mots : « A cet instant, mon royaume est de ce monde » et « Il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés je voudrais être fidèle à l’une et aux autres ». Paroles d’un homme qui a connu la pauvreté digne mais aussi la surabondance de soleil, laquelle a fait dire à un Pindare « ô mon âme, n’aspire pas à la vie éternelle mais épuise le champ du possible ».

Je voudrais aussi mentionner ceci: « Prouvez votre vertu ou allez en prison » pour illustrer la distance que Camus, lucide, pris très tôt avec la Terreur, le stalinisme et, partant, toute forme de totalitarisme, distance qui lui valut la très courageuse mise à l’index de la part du gotha intellectuel germino-pratin. 

Enfin, je ne terminerai pas sans cet autre mot : « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » qu’il n’est pas nécessaire de commenter et qui situe d’emblée son auteur dans la lignée des écrivains de la vie et du langage (et non des « chaises posées dans le sens de l’histoire » petite ironie dont il usa à l’encontre de Sartre, sentinelle en 1944, mais retrouvé endormi sur sa chaise).

Quant à la polémique en cours, que Camus entre ou non dans le Panthéon de la République importe peu,in fine, puisqu’il est déjà dans le Panthéon de nos âmes.

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