nietzsche_1882

Selon Nietzsche, « Un homme qui ne dispose pas pour lui des deux tiers de sa journée est un esclave ». Chacun a pu observé de quelles façons et en quelles quantités les contemporains (occidentaux) disposent de leurs journées. Chacun saura, en conséquence, situer le curseur de la liberté contemporaine. D'aucuns objecteront que Nietzsche recourait volontiers aux métaphores et aux aphorismes, que les deux tiers ne sont peut-être pas la bonne mesure, qu’on peut éprouver une très bouddhiste sensation de liberté au cours des dix minutes de promenade dans une cour de prison...

Peut-être les mots ne veulent-ils plus dire ce qu'ils disaient au siècle de Nietzsche. 

A défaut de merles on mange des grives.

L’esclavage consenti porte le nom de liberté. La débauche et l’hédonisme portent le doux nom d’épicurisme et de libération des moeurs. L’infidélité, celui de polyamour. L’hommage à Dieu hors du cadre des religions, celui de laïcité. La complaisance pour les entraves à la loi, celui de tolérance. Le jaillissement refusant toute forme esthétique, celui d'art populaire.

Lorsque les réalités s'éloignent de ce dont nous rêvions, il nous suffit de les affubler d'autres noms. 

Nous sommes libres, pardi !