Une très récente initiative consiste à militer pour l’abolition des notes dans les écoles primaires. En effet, le maintien de cette façon de procéder, observe le sociologue à l’origine de cette initiative, génère notamment parmi les élèves issus des milieux défavorisés, un stress et une stigmatisation peu propices à leur intégration et à leur développement. Il convient, poursuivit le sociologue, de modérer les manifestations d’une autorité qui restera inefficace parce que de moins en mois acceptée … (je cite de mémoire, et je présente des excuses a priori pour les omissions ou les inexactitudes dans les propos que je rapporte).

Ces propos ont été tenus dans le cadre d’un reportage au journal de 13h de France Culture, ce jour.

La «tonalité» du reportage fut bienveillante, voire «progressiste». A aucun moment donné, le reporter n’a posé de question «embarrassante» à son interlocuteur.

Il n’y eut pas non plus, pendant le journal, de contre-reportage consacré aux dangers d’une autorité qui abaisserait la garde, qui aurait peur de se montrer et d’évaluer les résultats de ses actions. Pour rappeler que les notes, ce n’est peut-être pas une «sanction» du milieu social dont les élèves sont issus, mais la clé d’un processus républicain, certes exigeant, qui permet à chacun de se situer, qui donne ses chances à chacun, même si tous, au départ, n’ont pas les mêmes chances. Pour rappeler que supprimer les notes, c’est renoncer à un système d’évaluation garant de l’ »élévation» que Kléber Headens appelait de ses vœux (élever c’est tirer vers le haut - je ne me souviens plus de la citation exacte).

Sur son blog Figaro, Natacha Polony défend bec et ongles les vertus d’un système éducatif dont elle fait le constat des défaillances consécutives aux renoncements successifs. J’aurais aimé que, en écho, France Culture fasse preuve d’un peu de discernement avant de tendre ses micros à certains apprentis sorciers, dont le nombre croissant induit sans doute des phénomènes de mode et d’entregent.

Je sais que, pour rendre compte de cela en ces termes, j’encours le risque de l’étiquette «réactionnaire», même auprès de certains de mes amis, que j’aime assez cependant pour leur pardonner leur égarement.