Le débat sur l’identité nationale lancé en 2009 par le ministre Eric Besson a échoué, sans doute d’avoir été engagé sous des auspices trop administratifs, sans doute aussi d’avoir été tourné en dérision par des partis politiques qu’il mettait dans un certain embarras et qui dès lors n’ont eu de cesse de voir en lui un procès d’intention islamophobe.

Le débat a échoué mais la question sous-jacente reste posée de façon lancinante. Une partie grandissante de l’opinion publique, confrontée à des problèmes qu’à tort ou à raison elle impute à l’absence de position claire quant au contenu de l’identité nationale, lassée aussi par l’incurie ou l’impuissance des élites politiques et intellectuelles (qu’elle estime chargées de la question), à en définir les limites et les contenus, une partie grandissante donc se tourne vers les partis extrémistes, résignée à trouver dans une certaine outrance ce que la mesure et la raison lui refusent.

Mais peut-être le débat a-t-il échoué de s’être présenté sous la forme de débat, avec ses inévitables polémiques. Lorsque d’emblée les postures et les contributions sont radicales, leur confrontation tourne au pugilat et à l’invective. Convient-il dans ces conditions de débattre et d’encourir le risque de la confusion?

Ce qu’il importe c’est d’ouvrir des espaces. Ce qu’il importe après (et avant) tout, c’est d’affirmer que l’idée de nation, d’identité nationale, fait sens, ce qui sous-entend qu’elle est un fondement de la république. Ce qu’il importe, c’est d’affirmer, non pas ce qu’elle doit et devrait être, mais qu’elle ne se résume pas à la seule possession d’une carte d’identité laquelle ouvre des droits. Ce qu’il importe, c’est d’affirmer que la France ce cesse pas d’être terre d’accueil en voulant définir ce qu’est l’identité de sa nation, mais que l’hospitalité dont elle fait preuve ne dispense pas ses hôtes d’intégrer les rites, ancêtres, coutumes, traditions et valeurs qui constituent la substance de sa nation laquelle, lorsqu’on se place dans une perspective historique, a été construite autant par les capétiens, l’église catholique et luthérienne, les gréco-romains que les républicains, lesquels voulurent faire table rase de l’histoire qu’ils n’ont fait qu’infléchir .