C’est ce qu’il est possible de lire sur une affiche d’un parti progressiste (sic) de gauche en vue des prochaines élections cantonales. En bas de l’affiche figure ce commentaire « Trois ans de Sarkozy, trois ans de rêve, trois ans de désillusion »

Cette affiche prétend-elle faire un rapprochement entre une situation économique, assurément difficile pour un nombre grandissant de français, et une soi-disant incurie du gouvernement actuel?

«Faire les courses ou aller chez le médecin !», c’est vrai, la situation s’est dégradée, en faisant ce constat, le parti progressiste (sic) de gauche ne prend pas le risque de la contestation. Car la situation s’est dégradée!

Mais en laissant entendre que la dégradation résulte de l’incurie gouvernementale (et donc habilement suggérer qu’il n’en irait pas ainsi si le pouvoir lui était confié) c’est faire abstraction du contexte de crise internationale particulièrement nocif, une abstraction qui à ce stade relève du mensonge d’état. Laisser entendre aux français qu’ils pourront à nouveau « faire à la fois les courses et aller chez le médecin » par la seule vertu du parti progressiste (sic) de gauche au pouvoir, c’est les prendre pour des demeurés qu’ils ne sont pas.

Mais oser prétendre qu’il pourrait en être ainsi, de surcroît occulter sa propre part de responsabilité (les «35 heures» que tel fier-à-bras du parti se fait rappeler à l’ordre d’avoir oser la critique), et surtout se garder d’aborder les mesures qui pourraient inverser l’ordre des choses (parce qu’il n’y a pas de plan B, parce qu’on ne veut pas dire trop tôt qu’on fera la même politique, en moins bien … ) cela ressemble à quelque chose comme du … populisme, d’une forme inédite et novatrice, le populisme progressiste (sic).

 

Je ne me lasserai jamais de rappeler ce mot de Brecht: "Progresser ne consiste pas être progressiste mais à faire des progrès"