A New York, les indignés ont pris possession de Wall Street. A vrai dire ils n’ont pris possession que de ses abords, mais ce qu’en dit la presse laisse penser que les temples de la finance internationale sont investis. Que veulent les indignés de NY ? Si le verbe et la colère sont forts, l’expression hésite. Ils veulent que les choses changent mais ne savent pas vraiment définir les choses en question ni de quels changements ils appellent l’avènement. Leur indignation n’est pas illégitime, elle est seulement pathétique. Elle intervient en bout de processus, lorsque les choses sont faites. Et les acteurs (des choses) sont à mille lieues de là, peut-être même sont-ils disséminés parmi les indignés tant les responsabilités sont diluées. Cette indignation ressemble au cri du vaincu qui a perdu et qui n’a pas encore compris que pour ne pas perdre encore il convient, désormais, de prendre les choses en main. Quelles choses me direz-vous ? Toute la question est là. Il faut reconstruire du local, pour que les gens aient des choses, physiques et tangibles, à maîtriser et non pas seulement des choses, vagues et abstraites, contre lesquelles s’indigner.  

L’indignation encore, à la télévision, dans la presse et dans l’opinion publique française, à propos des exactions commises par le régime syrien. Légitime indignation car le régime de Damas ne s’embarrasse pas de détails pour faire taire ses opposants. Dans le même temps et presque au même endroit (du monde), des coptes chrétiens sont massacrés en Egypte apprend-on. Pourtant l’Egypte a connu un printemps arabe, d’une certaine façon soutenu et favorisé par l’indignation occidentale. Cette indignation-là entendait que nul, nulle part, ne soit inquiété pour ses opinions politiques ou religieuses. L’indignation occidentale fera-t-elle entendre sa voix pour les chrétiens coptes égyptiens ?  

Les victimes sont avant tout des victimes, quelles que soient leurs origines, ethnies, religions, nationalités …, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises victimes et l’indignité indignation digne fait comme la justice, elle reste aveugle.