Montesquieu (1)

Montesquieu:

« Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu’un gouvernement monarchique ou despotique se maintienne ou se soutienne. La force des lois dans l’un, le bras du prince toujours levé dans l’autre, règlent ou contiennent tout. Mais dans un état populaire, il faut un ressort de plus, qui est la vertu »

Quel lien établir entre Montesquieu et George Orwell ? Pour les formes de gouvernement qui ne sont ni monarchiques ni despotiques ni théocratiques, l’un et l’autre en appellent à une nécessité que le premier nomme « vertu » et le second « common decency », nécessité qui consiste en la retenue, l’abnégation, le sens du bien commun, la décence et d’autres choses encore …

Dans un état populaire ou démocratique il est important qu’une majorité d’hommes gardent à l’esprit un ensemble de choses « qui ne se font pas » comme de tuer, de voler, d’attenter à la vie ou à l’intégrité de l’autre, mais aussi le respect de la parole, le renoncement à l’injure et la violence …, mais encore les convenances et les politesses autant des manières que de l’âme …, tout un ensemble de choses dont il est impossible de dresser la liste mais dont les manquements constituent des "in-decency" quand ils ne sont pas des crimes. Nous sommes au-delà du seul droit, lequel se contente de lister les interdits.

L’absence ou l’insuffisance de « common decency » peut être supplée par une main de fer monarchique ou théocratique, qui « tienne les troupes ». Mais les peuples qui refusent à la fois la «main de fer» et une «common decency» se lavent les mains de la conduite de leur destin et bien souvent ouvrent des boîtes de Pandore qui libèrent des maux pires que ceux dont ils voulurent secouer les jougs.

L’exercice de la démocratie exige des aptitudes, et tous les  peuples n’y sont pas également préparés.