Si tous les citoyens sont égaux en droits et devoirs, tous les emplois ne se valent pas. C’est pourtant cette croyance que continuent d’entretenir certains politiques, ceux-là même qui professent par exemple de relancer l'économie en créant 300 000 emplois dans la fonction publique.

Les emplois de fonctionnaires et d’enseignants sont bien sûr indispensables au fonctionnement du pays mais ils ne sont pas créateurs de richesse … immédiate. Ils sont créateurs de richesse, à long terme, par l’investissement dans l’éducation, la santé, l’administration … Or c’est de richesse immédiate dont le pays a besoin, à la fois pour diminuer l’endettement mais aussi pour financer les emplois nécessaires … à la création de richesse à long terme. Et seuls produisent cette richesse les emplois dans l’industrie ou l’agroalimentaire.

L’analyse de la structure de l’emploi français révèle cependant que l’industrie et l’agroalimentaire occupent moins de 30% des emplois. En faisant des raccourcis on peut affirmer, grosso modo, qu’un emploi dans l’industrie sous-tend deux ou trois autres emplois de service ou d’administration. A contrario, la destruction ou la délocalisation d’un emploi industriel laisse en place deux ou trois emplois de service, non délocalisables, mais dont le financement dès lors n’est plus assuré.

C’est donc bien d’emploi industriel dont la France a besoin pour relancer son économie et son « vivrensemble ». Mais si la création d’emplois de service se satisfait d’un coup de baguette magique budgétaire, il en va tout autrement pour la création de l’emploi industriel. Les conditions de la compétitivité doivent être réunies, en d’autres termes, il convient d’abaisser le plus possible le coût du travail. La suppression de la taxe professionnelle et les divers allègements de charge (que d’aucuns, avec un mélange de candeur et de mauvaise foi, continuent d’assimiler à des cadeaux fiscaux) vont dans le sens de cette réduction. Mais il reste le poids délétère des 35 heures, que d’aucuns (les mêmes) continuent de présenter comme le phénix de l’économie. Il importe, pour créer de l’emploi industriel, de réunir le plus possible de conditions de compétitivité, sans quoi le poids de la dette contraindra la puissance publique à réduire la voilure du « modèle social » et « désenchanter ce rêve » que d’aucuns (les mêmes encore) continuent de porter du haut de leur indignation et de leur mobilisation.

Aussi convient-il de réfléchir à deux fois avant que d’accorder sa confiance à ceux-là mêmes qui promettent de créer 300 000 emplois dont ils n’ont pas une idée de début de financement et qui, à force d’écouter les conseils avisés, commencent à dire « on verra ».

Je soupçonne ces derniers de briguer le pouvoir pour ses ors, sans prendre la mesure des responsabilités qu’il entraîne, et je préfère infiniment ceux qui promettent peu mais font en sorte que les conditions soient réunies.