Tel l’arbre qui cache la forêt, les bonnes intentions cachent toujours l’enfer qu’elles prétendent paver. Exit donc toutes ces petites cartes, carrées ou longues, drôles, naïves, colorées tels des arc-en-ciel, parfumées parfois, avec quelques mots convenus, bonne année, en lettrines dorées ou franchement fantaisistes. Exit ces petites enveloppes dont on savait très bien quel était le contenu, mais pas de qui. Qui cela peut-il bien être ? Qui a pu avoir l’idée d’un tel format, d’une telle carte ? Et déjà l’épanchement de la joie à la vue des premiers mots ou alors la déception profonde. Ce n’est pas lui. Ce n’est pas elle. Enfin la petite curiosité résiduelle pour les quelques mots très banals et la signature. Tiens ! Lui ou elle ! Nous n’y pensions plus. Et passés les premiers instants de surprise, la petite carte avec son enveloppe ouverte à la hâte reste de longues semaines sur le bureau, sur le chevet, en marque page dans l’agenda ou encore dans le coffre aux trésors où son odeur se mêle à toutes celles qui l’ont précédée.

Mais, Dieu merci, tout cela prend fin. La forêt cachée derrière l’arbre, origine de l’histoire, se rebelle contre les excès de déboisement et les environnementalistes sourcilleux nous abreuvent de leurs recommandations (parfois sur papier glacé). Désormais utilisez la carte de vœu électronique, elle présentera vos vœux virtuels, véhiculera votre écriture virtuelle, sera ouverte d’un geste virtuel et remisée dans un fichier virtuel si ce n’est une corbeille virtuelle. A peine écrirez-vous le nom de votre destinataire, celui-ci aussi est inscrit dans un fichier virtuel. A peine vous rappellerez-vous de qui venait le message. Avec un peu d’astuce vous sélectionnerez tous les noms que vous connaissez et, d’un clique d’un seul, leur enverrez vos vœux les plus personnels, sincères et groupés.

Ils seront de surcroît ravis de recevoir tous ces mails ! 

 

NB: cela dit et, sans façons, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année.