JL Mélanchon envisage un grand meeting à proximité de la Bastille, lieu hautement symbolique de la république. La Bastille ? En dressant l’oreille, on parvient à entendre ce petit bruit de fond qui semble vouloir signer l’actuelle campagne présidentielle. Ce petit bruit de fond qu’entendirent les parisiens lorsque les sans-culottes partirent à l’assaut de la Bastille, en 1789, lorsqu’ils conduisirent à l’échafaud les Danton, Louis XVI, Marie-Antoinette, Robespierre en criant « au nom du peuple ».

Il y a dans cette campagne un petit air de Carmagnole et de  Marseillaise des premiers couplets. Certes les  ci-devants ont changé. Ils s’appellent désormais « finance internationale », « capitalisme inhumain », « patrons voyous ».

Les mécanismes économiques sont devenus plus compliqués. Aussi appartient-il aux hommes politiques de les expliquer, de les rendre lisibles, au moins dans les grandes lignes. D’aucuns s’y emploient, avec maladresse parfois, mais non sans conviction.

D’autres cependant s’emploient à brouiller les cartes (par quelles obscures motivations?), à flatter cette «sensibilité sans-culotte» restée dans le cortex républicain, en leur désignant des responsables-coupables, des têtes à couper, et en occultant leurs contributions positives. «L’esprit sans-culotte» consiste à décapiter les élites pour en faire surgir d’autres parmi le peuple, lesquelles à leur tour finiront par devenir des têtes à couper. Dans ce mécanisme il y a ce petit goût de bouc émissaire dont parlait René Girard.

Plusieurs leaders politiques s’emploient à ce jeu ; cela leur évite de faire l’auto-critique de leurs propres responsabilités. Et il reste, hélas, dans le peuple assez de forces pour leur prêter oreille.

Ils se donnent rendez-vous à la Bastille et entonneront une dernière fois les chants révolutionnaires!