Les élections présidentielles approchent et c’est un devoir civique que d’écouter ce que les candidats nous disent et ont à dire. C’est un devoir d’apprécier leurs différences, d’autant plus qu’à en entendre certains, les différents programmes se ressemble(raient) comme blanc-bonnet et bonnet-blanc.

Ainsi ai-je prêté oreille à François Hollande (FH), invité de l’émission « des paroles et des actes » ce jeudi 15 mars. J’ai fait des efforts pour comprendre où prétend nous conduire ce candidat en apparence posé, qui prend le temps d’exposer ses visions et n’oublie jamais de faire remarquer qu’elles sont claires.

Non sans conviction, son contradicteur Jean-François Copé (JFC), premier secrétaire de l’UMP, demande à FH des éclaircissements quant à son programme nucléaire. Il ne comprend pas. Il rappelle que Martine Aubry, lieutenant de FH, a signé voici peu avec les Verts d’Eva Joly un accord portant sur la fermeture de 25 réacteurs (un peu moins de la moitié du parc français). Non sans raison, JFC remarque que cette intention menacerait gravement l’indépendance de la France et condamnerait quelques 200 000 emplois. Au bord de l’indignation, FH rétorque que non, ce n’est pas ce qu’il faut comprendre, il n’est question que de fermer la centrale de Fessenheim !

Qui dit vrai ?

Mais peut-être convenait-il d’être particulièrement attentif à sa vision du moteur de la croissance. Je me suis efforce de l’être. Le candidat socialiste, sereinement, envisage une croissance de 2,5 points dès 2014. Comment y parvient-il ?

Il ne saurait en être autrement, répond-il, nous sommes un grand pays. Ce n’est pas de l’incantation et c’est on ne peut plus clair. JFC questionne FH sur ses intentions de renégocier avec l’Allemagne le traité de Lisbonne et le pacte de stabilité. La seule discipline budgétaire ne saurait suffire, s’indigne pour de bon FH. Le président putatif de ce grand pays qu’est la France dira son fait à cette madame Merkel que du reste plusieurs lieutenants du camp Hollande ont déjà comparée à Bismarck (ah, ces déplaisants relents revanchards et cocardiers !).

FH balaie du reste d’un revers de main ce qu’on sait de la position allemande, à savoir le refus catégorique de la constitution d’un budget européen (lequel consisterait à financer l’investissement en Europe avec des ressources provenant pour une bonne part de l’Allemagne). FH se fait fort d’arracher à madame Merkel ce qu’il accuse Nicolas Sarkozy de ne pas avoir obtenu. FH en fait une question de principe voire d’ukase et on comprend (car FH ne cesse d’être très clair) que dans son idée la croissance qu’il assigne à la France sera financée par voie détournée par l’Allemagne.

Partirions-nous en guerre ? FH n’en souffle mot.

Quant aux nécessaires économies budgétaires induites par la nécessaire baisse de l’endettement, en cette période de « courage électoral », FH est encore une fois très clair là-dessus : il nous le dira le moment venu mais assure d’ores et déjà les Français que nulle mesure ne sera prise à l’encontre des intérêts de la France.

Pourtant FH est le candidat qui tient des propos clairs. Sans doute manquons-nous d'intelligence pour nous hisser à sa hauteur!