Tsonga vient de se faire battre in extremis par Djoko, un peu plus et nous nous prenions à rêver. Mais qu’importe, puisque depuis le 7 mai au matin, le ciel français est à nouveau sans nuages. Chassé ce président sortant au bilan catastrophique. Chassé le président qui durant cinq années a donné aux riches, ne cessant de creuser ces inégalités coupables de notre défaut de compétitivité. Le nouveau président, normal, adopte une pause exemplaire devant l’Elysée à l’arrière-plan, immortalisé par un Depardon qui a oublié que le regard cherche toujours au tiers, jamais au milieu. Le ministre du redressement productif exprime de sincères regrets pour les noms d’oiseaux lancés jadis à la figure des dirigeants de Seafrance et relit ses éléments de langage sur le démondialisation, qu’il devra ne pas lancer à la figure des victimes des futurs plans sociaux. Hors de nos frontières, le navire grec sombre un peu plus, l’armada espagnole affronte un second naufrage, tandis que Bruxelles et la BCE tonnent : la situation se dégrade, il faut des économies et de la rigueur plus que jamais. Mais le ministre des finances est dans le ravissement de la revalorisation de la rentrée scolaire et du retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leurs trimestres. Ces mesures nous assure-t-il sont financées, quant aux alarmes de Bruxelles, il verra, à moins qu’il n’ait pas bien entendu. De toute façon, le gouvernement exemplaire dispose d’une arme redoutable : la croissance laquelle fait reculer les lignes des rigoristes telle Jeanne d’Arc face aux anglois. La ministre du logement, que l’on ne se lasse pas de contempler dans ses exemplaires trajets en RER, se laisse aller à plaider la libéralisation du canabis. A Villeurbanne, trois jeunes se font bastonner pour cause de kippa mise de travers. Le gouvernement, laconique mais exemplaire, regrette ces actes inqualifiables et passe à autre chose. Que n’aurait-on entendu si les agresseurs avaient été frontistes ? Le soir du 6 mai la porte-parole du gouvernement de l’exemplarité se félicite du foisonnement des drapeaux étrangers comme signe de vigueur multiculturelle. Le premier ministre prépare la rentrée sociale et reçoit les syndicats parmi lesquels les amis de JL Mélenchon entendent décrocher autre chose qu’un coup de pouce sur le SMIC. Dans les préfectures, des préfets achètent des allers simples pour des destinations inconnues tandis que des amateurs rêvent de préfectures. Le 16 juin prochain, les français se rendront aux urnes, exemplaires, et probablement donneront au nouveau président la majorité qui lui est nécessaire pour remettre le pays sur le chemin de la croissance et du désendettement et châtier ces félons du capitalisme sauvage responsables de tous les malheurs. Tsonga n’aura pas gagné Roland Garros, mais l’Eurofoot 2012 s’annonce déjà, avec les premiers jours de l’été, les cigales chantent, toujours plus nombreuses. Pourquoi s’en priver, le ciel n’est-il pas limpide ? Les fourmis triment et se taisent, oppressés par d’absurdes craintes, les Cassandre aussi.