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Je ne sais pas qui a tiré le premier. Peu importe. Les choses sans doute se sont passées ainsi. En fin d’année dernière, dans un hôtel parisien dont nous tairons le nom, se sont réunis les membres de la  «confrérie … », au motif que l’heure était grave et que leur navire prenait l’eau. Ils tinrent conseil. A la fin, tandis que les sbires vérifiaient que la voie était libre, le parrain aura dit à ses lieutenants, d’un air entendu : « Bon, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! »

Quelques jours plus tard, madame Duflot, ministre, engageait un audacieux plan de solidarité nationale et n’écarte pas la réquisition. Nous approchions de l’hiver, le secteur du logement était entré en crise et nous étions à deux doigts de la mobilisation générale.  La ministre adressa plus spécialement un courrier à l’archevêché de Paris.  « J’ai bon espoir, prévint-elle, qu’il n’y ait pas besoin de faire preuve d’autorité. Je ne comprendrais pas que l’Eglise ne partage pas nos objectifs de solidarité … Il semble que l’archevêché de Paris possède des bâtiments quasi vides. Je viens de leur écrire pour voir avec eux comment utiliser ces locaux ». Ni le Conseil du Culte musulman, ni le Consistoire, ni …, ne firent état de la réception d’un tel courrier.

 

L’exercice d’une liberté éclairée

Courant décembre, alors que le débat autour du « mariage pour tous » faisait rage, le secrétaire général de l’enseignement catholique adressa à ses chefs d’établissement un courrier dans lequel il demandait, non pas que l’on montre du doigt les homosexuels, ni même que l’on prenne position contre le projet de loi, mais simplement invitait : « chaque école, collège ou lycée à prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée à l’égard des choix aujourd’hui envisagés par les pouvoirs publics ».

Ce dangereux appel à l’insurrection vint aux oreilles de M Peillon, ministre, qui aussitôt prit sa plus belle plume : « Il vous appartient en effet de veiller à ce que les débats qui traversent la société française ne se traduisent pas, dans les écoles et les établissements, par des phénomènes de rejets et de stigmatisation homophobes ».

Madame Delaunay, ministre, renchérit dans un tweet qui se voulut spirituel et dont on ne cesse de faire l’exégèse : «Aujourd’hui les catholiques condamneraient la Sainte Famille : un mari qui n’était pas le père, une mère vierge … ».

Un catholique, c’est bien connu, lorsqu’il évoque les questions d’homosexualité, ne le fait qu’avec d’odieux et discriminatoires relents d’homophobie dignes de la plus noire Inquisition … Et, une fois encore, ni les ministres du culte musulman, ou juif … ne firent l’objet d’aucun courrier.

 

Refuge politique pour les Pussy Riots

Puis Gégé eut la bonne idée de prendre le chemin de Varennes et sans rien demander obtint la nationalité russe des mains de cet odieux monsieur Poutine, coupable aux yeux de l’humanité et de la France, la fille aînée des Lumières, de complaisance envers les inqualifiables agressions du dictateur sanguinaire syrien à l’encontre de son peuple. Interviewée, madame Vallaud-Belkacem suggéra, en une répartie qui le dispute en esprit au tweet de sa consœur Delaunay, que monsieur Poutine aurait mieux fait de gracier les Pussy Riots, auxquelles la France se serait enorgueillie d’offrir le refuge politique et la nationalité.

Pour ceux qui ne se rappelleraient pas cet inénarrable épisode, les Pussy Riots sont trois jeunes femmes qui se sont produits dans la cathédrale de Moscou au cours d’un spectacle d’une modernité époustouflante, lequel aurait probablement entrainé une lapidation immédiate dans des contrées plus méridionales ou un lynchage en bonne et due forme dans le far-west!   

«De la prison pour trois chansons», s’exclama madame la ministre dont le petit rire résonne encore de toute l’indulgence à l’encontre des propos révérencieux et nullement blasphématoires des Pussy Riots. Il est vrai que quelques mois plus tôt, madame la ministre fraîchement nommée trouva un rien exotique et bon-enfant, la présence de drapeaux étrangers à la fête de la Bastille un certain 6 mai. Il est vrai aussi que le directeur du théâtre, subventionné, du Rond-Point, s’était en son temps dit prêt à rejouer la bataille d’Hernani pour défendre une pièce au cours de laquelle le seau d’excréments lancé sur une toile représentant le Christ de Mantegna était purement factice.

 

Le « parti de l’étranger »

Mais l’heure est grave, l’ennemi à nos portes, le « parti de l’étranger » plus que jamais déterminé à tomber à bras raccourcis sur la nation de la liberté, les suppôts du capitalisme le plus sauvage ourdissant des complots d’une noirceur épouvantable, tandis que madame Merkel et l’Europe …, alors nos ministres ont entendu leur chef : « vous savez ce qu’il vous reste à faire » et, plus inflexibles que des dévots, font de tous bois feu sur ceux par qui vient tout le mal : les cathos !

Ces cathos, dont résonnent encore dans les mémoires les sinistres sentences prononcées par l’Inquisition, les supplices du chevalier de la Barre poursuivi pour irrévérence dont pas même Voltaire n’obtint la grâce, les soi-disant coupables silences d’un Pie XII pendant « les heures les plus sombres … ». Ces cathos dont on feint d’ignorer qu’ils ouvrent les portes de leurs églises aux SDF et qu’ils disposent d’un Secours Catholique digne de ce nom ! Ces cathos « rétrogrades », « d’un autre temps » qui s’obstinent à parler d’un salut pour tous, à la fois dans l’au-delà mais aussi ici-bas, qu’on soit grand ou non, beau ou non, riche ou non, talentueux ou non. Un salut qui dispense de vouloir absolument «être un autre », d’envier l’autre au point de vouloir lui prendre son identité ou de changer de sexe parce que celui que Dieu a donné ne convient pas. Un salut qui ne milite pas absolument pour l’égalité des chances mais pour la persistance des efforts afin que chacun reçoive selon ses mérites, ou selon ses talents ainsi qu’il est dit dans la parabole du même nom …

N’en disons pas plus : haro sur les cathos !