th__2_Politiquement c’est bien joué. La rentrée n’a pas encore eu lieu et l’annonce faite mardi dernier (27 aout) par le premier ministre ne soulève pas de fronde. Pas de grosses manifs en vue, c’est déjà ça de gagné, pas comme avec Sarko. Et déjà d’aucuns applaudissent : comme une lettre à la poste ! Un sens inné de la concertation ! Les économistes et les experts quant à eux sont déçus, ils s’attendaient à un raz-de-marée, ils ont assisté à une tempête dans un verre d’eau et prophétisent : rien n’est réglé, dans deux ans il faudra recommencer. De la part du premier ministre, nulle allusion à la compétitivité, soit-dit en passant, comme si décidément en France les questions de droit social étaient totalement endogènes, inscrites dans une bulle idéologique totalement déconnectée de la sphère économique !

L’essentiel est sauf, pas de hausse de la CSG, pas de recul de l’âge de départ. A peine une hausse progressive des cotisations. Mise en place en revanche d’un compte pénibilité, financé par le monde de l’entreprise, « parce que la pénibilité est de son fait ! ». Dans le monde idéal de gauche, l’entreprise reste synonyme de profits, d’aliénations et de tourments. Les « misérables » et la Commune sont durablement inscrits dans son cortex. Mais, bon prince, le premier ministre promet un allégement des charges, sous-entendu financé par la croissance laquelle ne saurait tarder. A gauche, on sait bien dépenser les ressources qui ne sont pas encore acquises.

Cela porte un nom : châteaux en Espagne ou promesses en l’air, lesquelles n’engagent que ceux qui les écoutent. La bobosphère fait mine de bouder mais est secrètement ravie : on ne touche pas aux régimes spéciaux auxquels ses ouailles sont majoritairement affiliées. L’égalité, promesse de campagne, c’est bien, … à l’exception des autres. Car charité bien ordonnée … on continue comme avant, à quelques ajustements près car la France, c’est bien connu, dispose des ressources qui la préservent des réformes auxquelles d’autres pays doivent consentir. Depuis le renversement de la monarchie, la France est l’Eldorado universel vers lequel tous convergent sans prendre garde au fait qu’une barque à force de se charger finit par prendre l’eau. « Wie Got in Frankreich ! » dit-on outre-Rhin.

Avec sa réforme des retraites, JM Ayrault croit avoir tout réglé. En réalité, il s'est contenté de fâcher le moins de monde possible parmi ses électeurs et de gagner deux ans, peut-être trois, au bout desquels il faudra recommencer. Hélas pour lui, les bobos n’ont pas été les seuls à écouter : il y aussi tous ces jeunes qui sont en train de galérer pour trouver un emploi et qui se disent, on devra bosser jusqu’à 67 ans ! Nombreux sont ceux qui, faisant ce constat, entrent en politique. Ils avaient fait aveuglément confiance à François Hollande, lequel dans son discours du Bourget avait promis de s’occuper « prioritairement » des jeunes. JM Ayrault s’en est bien occupé, les jeunes lui renverront l’ascenseur aux prochaines élections.