mediocrity

Invité dans une émission de télé-réalité, Alexandre Astruc (à qui il arrive de dire des choses sensées) se plaint qu’à l’antenne, aux heures dites « d’écoute », il n’y ait pas plus souvent des gens pour dire des « choses intelligentes », « qui fassent réfléchir » … Son énormité proférée, notre aimable trublion est aussitôt contredit par deux autres invitées, lesquelles prétendent que les spectateurs, eux, n’ont nulle « envie de se prendre la tête ». Se seraient-elles senties visées ? Leur attitude et leur langage laissent entendre que la « prise de tête » n’est nullement leur « tasse de thé ». Du reste, elles se tournent vers le public pour obtenir quelques applaudissements en renfort de leur indignation. Par bonheur, elles trouvèrent quelques badauds pour renchérir, rassurés que soit déjouée cette odieuse tentative de l’intelligence pour « faire réfléchir ». On est là pour rigoler, pardi ! Une armée de consultants et de journalistes se charge de décrypter ce qu’il y a à comprendre lorsque le président s’adresse en toute normalité aux français et, pour le reste, on ne va quand même pas se « prendre la tête ». Alexandre Astruc est déjà sur la défensive : son complot est déjoué. Il est sommé de s’expliquer, de s’excuser presque. Les deux invités renversent la situation un instant menacée : il se trouve assez de spectateurs pour cautionner leurs pitreries et légitimer leur temps d’antenne. Qu’alexandre Astruc aille se rhabiller ! L’intelligence, c’est bien connu, fonctionne comme la liberté de presse : elle ne s’use que lorsqu’elle ne sert pas. Nos deux invitées semblent en savoir quelque chose. Morandini en animateur tente benoîtement de tempérer les positions, secrètement ravi cependant que la polémique produise ce buzz si nécessaire à son audimat. On s’écharpe chez Morandini, allez voir ! Hollande peut continuer à « faire le cirque » à côté de l’Elysée et Sapin expliquer que la courbe de l’emploi remonte si on la regarde du bon côté, on ne va pas se « prendre la tête » pour autant ! Une émission de télé-réalité, du reste, fonctionne sans guillemets, ce qui permet de dire tout et son contraire, en ayant l’air d’être intelligent. Rien compris, Alexandre, pas intelligent !