pinocchio

Après ces élections municipales, une vague bleue déferle sur la « France du changement et de l’égalité », aujourd’hui en état de choc. Le président s’adresse au peuple français, à moins qu’il ne convienne de dire qu’il s’adresse à la mosaïque de groupes qui ont (encore) pour point commun de posséder une carte d’identité française. Il ne pleut pas lorsqu’il s’exprime, il a pris la précaution d’enregistrer son allocution dans un studio. En réponse au message du peuple qu’il prétend avoir compris, il congédie un premier ministre qui fut un ectoplasme placide ayant pour fonction de faire des synthèses impossibles. Il nomme à Matignon un autre ectoplasme à la peau rugueuse, auquel il demande de poursuivre les synthèses impossibles, mais avec autorité. Cependant, il tempère le « pacte de responsabilité », clé de voûte du redressement du pays, par un  très vague « pacte de solidarité » censé redistribuer un peu de ce pouvoir d’achat asséché par une fiscalité excessive et confiscatoire. Dans le même temps, il conjure l’Europe de faire preuve de compréhension quant à l’atteinte des objectifs auxquels la France s’était engagée, une litote pour dire qu’il envisage une nouvelle fois de faire la manche auprès de Bruxelles et de mme Merkel, dont on se demande combien de temps encore elle va écouter les boniments de la « normalité, du changement et de la fin des discriminations ».

Dans la même semaine tombent trois informations objectives : le chômage a encore progressé de 0.9%, le déficit public de l’exercice 2013 s’établit à -4.3%, c’est-à-dire 0.2% en moins que la prévision et, last but not least, la dette publique progresse encore et s’approche un peu plus de 100% du PIB. Quant au « pacte de responsabilité », celui-ci suppose une économie des dépenses publiques de l’ordre de 50 milliards dont le programme doit être présenté à Bruxelles le 15 avril prochain. Dès lors de deux choses l’une : ou le président improvisera une série de mesures au petit bonheur la chance, ou celles-ci sont déjà bien cadrées et listées et il en aura opportunément dissimulé la consistance à son peuple auquel il a pourtant juré de dire la vérité rien que la vérité. On peut se demander comment les français auraient voté à ces municipales s’ils en avaient eu connaissance : peut-être seraient-ils déjà en train de reprendre la Bastille et de dresser une guillotine sur la place de la Concorde?

Ce mois de mai à venir, décidément, ne me dit rien qui vaille!