Une énième traduction (libre) de ce fleuron de la poésie allemande

 

La Lorelei, par J M W Turner

Je ne sais quel sens donner

lorelei turner

A cette profonde tristesse.

Un conte des temps oubliés,

Mon âme, hante sans cesse.

 

Le jour sombre dans la fraîcheur du soir,

Les eaux du Rhin roulent, apaisées.

Le sommet des collines, dans la moire,

Glisse, du couchant éclairé

 

La plus belle des jeunes filles, 

Seule, règne en ces hauts lieux.

Ses atours jettent mille feux,

Ses cheveux sous le peigne brillent.

 

Le peigne d'or va et vient

Au rythme de sa mélopée,

Dont le ténébreux refrain

Toutes choses tient enchantées.

 

Elle s'empare de l'âme du batelier

lorelei heine

Aux commandes de son esquif.

Il en oublie les récifs, 

Captif de la mélopée.

 

Il en oublie les dangers

Et sombre corps et âme.

Il succombe, prisonnier

Du chant de la Lorelei. 

 

 

Traduction libre par Roland Goeller, 2014, tous droits réservés.

 

Portrait de Heinrich Heine, 1829