no_kids_tiny-300x299

Pas moins de 5% des français affirment ne pas vouloir d’enfants, selon une énième psychologue à qui France Info a donné la parole. Les femmes concernées par ce renoncement seraient majoritairement diplômées et prétendraient se réaliser dans leur univers professionnel. Quant aux hommes, ils se caractériseraient par leurs faibles revenus, incompatibles selon eux avec la fondation d’une famille. Pour un psychologue, les statistiques suffisent à déterminer à déterminer une catégorie. 10% des français aimeraient faire un voyage sur la lune. 100 % des français aimeraient ne pas mourir. 100 % des français qui ont fait une indigestion après un repas d’huitres prétendent, dans les jours qui suivent, ne pas aimer les huitres. Une catégorie bien cernée permet d’écrire des livres et de passer à l’antenne. Les considérations des psychologues et des sociologues remplissent un temps médiatique considérable et leurs propos sont irréfutables : ils s’appuient sur des mesures, des tests, des données anthropométriques, lesquelles en dernier ressort ne nous instruisent pas plus que le bon sens !

Celles des femmes bardées de diplômes qui revendiquent « no kids » sont dans leur droit le plus strict et il ne s’agit pas d’en contester le bien-fondé. Mais l’argument de l’épanouissement personnel qu’elles avancent n’est peut-être qu’un mince "cache-sexe" devant un désir inassouvi. Cependant, les psychologues, coach, gourous et thuriféraires de l’épanouissement personnel ne pratiquent pas la maïeutique, ils prospèrent dans la France post-révolutionnaire de l’homme autoproclamé souverain. Ce que dit l'individu est sacré. Son épanouissement a pris le pas sur le destin du groupe, du pays ou de la nation. A moins que la destruction progressive et « progressiste » de l’idée de groupe, de pays ou de nation n'ait fait « table rase », pour reprendre ce concept marxiste, et qu’il ne subsiste plus que l’homme autoproclamé souverain, avec l’épanouissement personnel comme seul viatique. Les théoriciens du genre, quant à eux, en prétendant hisser toutes les formes de procréation assistée au rang de la procréation naturelle, ont déblayé un terrain où volontiers s’engouffrent aventuriers et expérimentateurs.

Les psychologues se gardent de mentionner ce contexte, lequel finit par tomber dans l’oubli : les gens répondent à leurs questions lapidaires et parfois peu innocentes, et cela leur suffit à remplir des cases et des colonnes et à déplier leur panoplie anthropométrique. Quant aux ondes radio, celles qui portent des ferments de réflexion sont reléguées aux heures tardives de la nuit, lorsque les français « no kids » (et les autres) décompressent et s’amusent.