général de gaulle

Un homme avec une conviction a plus de force que cent mille autres qui n'ont que des intérêts, prétendait John Stuart Mill. De Gaulle était de cette trempe. En 1936, encore colonnel, seul à penser que la réforme de l'armée française est une nécessité vitale, il publie "Vers une armée de métier". Quatre ans plus tard, les événements lui donnent hélas raison. Les Panzer allemands balayent l'armée française, non modernisée, en quelques trois semaines. Seul encore, de Gaulle se réfugie à Londres et, faisant preuve d'une pugnacité admirable, en dépit de la condamnation à mort prononcée par le gouvernement de Vichy, réorganise peu à peu la lutte et donne à la France le sentiment de pouvoir, quelle que soit l'adversité qui la frappe, redresser la tête. Sans doute ce qu'il reste de sentiment national, dans la France de 2015, est à mettre au crédit du génie de cet homme qui n'a jamais douté de la grandeur de son pays.

 

 

Quant à François Mitterrand, son génie n'était pas d'idéalisme. Peut-être connaissait-il les français mieux

mitterrand

que de Gaulle lui-même. Sans doute les savait-il hâbleurs, gaulois, narquois, querelleurs, incapables de se fédérer sans la bannière d'une Jeanne d'arc, d'un Napoléon ou encore  d'un de Gaulle. Il y avait du Louis XI chez Mitterrand, une patience de sphynx attendant son heure. Il n'était pas habité par une conviction à partager avec soixante millions de français, mais il avait la conviction qu'ils retomberaient dans les travers de la quatrième république sans idée supérieure à endosser. Mitterrand a compris que Maastricht - le destin européen - était nécessaire à la France de l'an Deux Mille autant que l'était la modernisation de son armée à la France de Trente six. Mitterrand, l'homme sans conviction mais génie de l'opportunité, a conduit les Français vers le seul destin qui puisse les sauver: l'Europe.

 

Une nation a les grands hommes qu'elle mérite. Les grands hommes révèlent le caractère de leur nation.