comité_salut_public_1793

La monarchie a donné son lot de génies et de médiocres mais, en moyenne, la gouvernance était assurée et les sujets ne souffraient pas tant d'absence de démocratie que d'absence d'électricité et d'engrais. La république cependant a balayé le pacte royal, elle a confié le pouvoir au peuple et à ses représentants lesquels ont peu à peu écarté Dieu des questions publiques. Le citoyen électeur, autoproclamé, ne rendait compte qu'à lui-même. Implicitement, les Lumières devaient embraser les esprits là où Dieu s'était retiré. Elles le firent aussi longtemps que Dieu, pas rancunier pour un sou, gardait un oeil sur ses ouailles, mais il y eut l'affaire Dreyfuss, le loi de 1905, la grande hécatombe de 14 et les sciences sociales. Le pacte républicain supposait que les citoyens électeurs parvinssent à un niveau d'éclairement propice à la conscience du bien public. Pour suppléer l'absence de Dieu, il fallait bien un surcroît d'école. Là où Dieu et le Roi imposaient une raison d'être ensemble, il fallait bien que l'école jetât un peu plus de Lumières dans les recoins. L'école avait une mission sacrée, sacralisée dirait-on de nos jours. Lorque l'école faillit à sa mission la raison  d'être ensemble se transmue, se dévalue en "vivre ensemble", aux définitions et contours si incertains que tout le monde tire à hue et à dia. Quelle croyance, quelle divinité ce peuple invoquera-t-il lorsque poindra une menace, une menace portée par des hommes prêts à mourir?