Francois-Mitterrand-007

Une grande pitié à l'endroit d'Anne Pingeot d'avoir divulgué le courrier (secret) qu'elle reçut de la part de François Mitterrand. C'était il y a quelques décennies. Que l'ancien Président fût un grand littéraire, nous n'avions pas besoin de ses lettres pour nous en convaincre. Celles-ci ont été écrites comme un murmure, de bouche à oreille, afin que nul ne sache! (Les aurait-il écrites s'il avait eu la préscience d'un avenir où des millions de lecteurs anonymes se jetteraient sur leurs lignes enflammées, tels des hyènes sur une proie sans défense, livrée?). 

Divulguer ces lettres relève d'un outrage à la mémoire, à la mort, au voeu de silence. Un blasphème, peut-être! Mais l'époque veut cela. Il y a des hommes qui sont grands par leurs actes, d'autres par leurs trahisons. Les "gens du peuple" (celles qui ont su garder la common decency chère à Orwell) savent qu'il y a des choses qui se disent et d'autres qui se taisent, qui doivent êtres tues à jamais. C'est un grand malheur que le parjure et la trahison viennent précisément de personnes qui se croient cultivées et libérées de ce qu'elles estiment être des préjugés, alors même qu'il s'agit de tabous (c'est à dire des interdits dont la trangression irrite les dieux!)