déconstruction

Est-il seulement possible de reconstruire des esprits déconstruits, et tout d'abord qu'est-ce que la déconstruction. Evitons le piège qui consisterait à faire allégeance aux Derrida, Foucault, Bourdieu, etc, dont les énoncés invitent à se perdre sur des chemins sans issue, en des contrées où l'esprit ne trouve pas grand chose à se mettre sous la dent. La déconstruction consiste en un prétendu mouvement d'émancipation des moeurs lesquelles sont présentées comme autant de carcans et vieilleries inutiles (des moeurs qui pourtant ne sont que des formes chargées de maintenir cohérence et cohésion, même si elles supposent une certaine contrainte). Les esprits en apparence émancipés jouissent toujours d'une certaine liberté retrouvée, du goût très rousseauiste du paradis perdu. Les désordres qui tôt ou tard résultent de l'abandon des formes (celles qui "préservent de la barbarie", Benjamin Constant) apparaissent à leurs yeux comme les conséquences de facteurs extérieurs (le climat, le pouvoir de l'argent, la corruption des élites ...). Mais jamais ils ne consentent à admettre que le désordre suprême résulte de la déconstruction (celle de l'école, soi-diant reproductrice des inégalités, celle de la famille, soi-disant responsable des atavismes, celle de la culture, soi-disant stigmatisante, celle de la religion, soi-disant "opium des peuples", etc).