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Parfois, croyant bien faire, on participe à son propre malheur et on nourrit le feu qui vous consumme.

Des Alsaciens en grand nombre militent pour le renouveau de leur langue (broyée par l'autorité jacobine qui dissout la région Alsace dans la grande région Grand-Est, laquelle n'est grande qu'en superficie) et invoquent le droit européen en faveur des « langues minoritaires et régionales ».

Fous qu'ils sont !

Ne savent-ils donc pas qu'ils ont le (rare) privilège de parler deux langues nationales d'importance : le français d'une part, et l'allemand de l'autre (certes dans sa version alsacienne, laquelle n'est cependant pas moins estimable que la version bavaroise ou la version tyrolienne) ?

Ne le savent-ils donc pas ? 

En présentant comme langue « régionale et minoritaire » une langue qu'ils partagent avec plus de cent millions de locuteurs allemands, ils entrent dans le jeu de l'Etat jacobin et lui ôtent toute raison de changer son fusil d'épaule ! 

L'état jacobin n'a de cesse d'éradiquer toute résurgence allemande dans ses provinces de l'est et les Alsaciens (éternellement coupables de l'Anschluss de juin 1940 contre lequel le gouvernement français, réfugié à Bordeaux, n'a élevé que de molles protestations), veulent apaiser l'ire française en feignant d'accréditer l'idée que l'alsacien est une langue distincte de l'allemand.

Mais l'ire française n'est pas prête de désarmer, et les précautions oratoires alsaciennes sont prises en pure perte. 

Fremd bin ich angekommen, fremd zieh ich wieder aus... (Schubert, Müller)