Sur son affiche de campagne aux présidentielles 2012, François Hollande adopte le slogan « le changement, maintenant ».

Aussitôt deux questions viennent à l’esprit : quel changement ? et pourquoi maintenant ?

Les stoïciens nous ont appris une chose: distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Ainsi, invoquer le changement ne peut-il se rapporter qu’à ce qui dépend de nous ! A contrario il convient aussi de lister ce qui ne dépend pas de nous : la fonte des glaciers, la montée des eaux, l’épuisement des ressources naturelles, la montée en « puissance » des BRIC (nb), l’incurie d’une partie de l’Europe …

François Hollande ne songe pas, espérons-le, à vouloir changer cela. Sa volonté de changement ne peut porter que sur des paramètres « endogènes » : la façon dont on collecte l’impôt, dont on affecte les finances aux dépenses, dont on ouvre le cercle de la nation … et, de ce point de vue, le candidat peut-il realy vouloir que les choses changent ?

Car un autre paramètre exogène a changé depuis 2007 : la spirale de l’endettement public aveugle ne fonctionne plus ; il faudra désormais peu ou prou collecter plus d’impôt et diminuer les dépenses. Décliner point à point ce paradigme revient à intensifier les mesures engagées depuis 2007 : reculer l’âge de la retraite, diminuer la dépense publique … En résumé : tout sauf le changement ! A moins que François Hollande n’ait pas compris quelque chose dans la leçon des stoïciens et qu’il s’obstine, tel Don Quichotte, à vouloir combattre le moulin de la finance (laquelle lui est par ailleurs nécessaire pour boucher les trous des déficits publics auxquels lui et sa formation auront largement contribué).

Peut-être François Hollande veut-il une chose beaucoup plus simple, à savoir changer l’actuel capitaine, dont il résume l’action à des dérapages de style (le Fouquets, le yacht …) et dont il feint d’ignorer l’action publique que lui-même devra poursuivre, à quelques ajustements près, s’il vient au pouvoir.

Donc : « le changement (de capitaine) maintenant, pour continuer comme avant ! »

Et si François Hollande voulait juste être capitaine à la place du capitaine?

 

 

nb: BRIC: Brésil, Russie, Inde, Chine