blog de roland goeller

05 décembre 2017

« Nocturne », nouvelle publiée dans la revue L'AMPOULE, hors-série n°2, décembre 2017

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Plaisir et fierté de voir la nouvelle « Nocturne », figurer au sommaire du second Hors-série de la revue l'AMPOULE, disponible en décembre 2017. La revue est publiée par les éditions de l'ABAT-JOUR, sises à Bordeaux. 

La parution de ce second Hors-série sera marquée par une présentation-lecture à la bien-nommée librairie OLYMPIQUE, sise Place des Chartrons, à Bordeaux. 

Toute ma reconnaissance aux fondateurs de la revue et des éditions, Marianne Desroziers et Franck Joannic, pour la haute tenue de leur travail. 

 

Les premières lignes de la nouvelle :

 

« L’événement se produisit un matin de juin. Grégoire venait de se réveiller et Lisa dormait encore. Les paupières entrouvertes, il se mit en quête de ses repères familiers, le pied du lit, la masse sombre de la porte de la chambre ou encore la grande tache lumineuse de la fenêtre, mais, à sa grande surprise, son regard ne rencontra qu’obscurité épaisse. Il frotta ses paupières et insista, sans plus de résultat, et il ne sut quoi en penser. Il était aussi désorienté qu’un malvoyant qui ne retrouve pas sur son chevet un objet posé la veille au soir. Le pied du lit se dérobait, ainsi que le contour des meubles, la porte de la chambre ou encore les coins du plafond, et Grégoire finit par se demander, quelle heure peut-il bien être ? 

Quatre heures, supposa-t-il, quatre heures et demie tout au plus, mais plusieurs indices contredisaient cette hypothèse. En premier lieu, nulle fatigue ne l’engourdissait. Il ne sortait pas d’une de ces nuits d’insomnie qui vous tiennent sur le qui-vive jusqu’aux premières heures du jour. Il avait dormi son saoul, selon l’expression de Lisa. En second lieu, de la rue montait un grondement sourd et continu dont l’origine ne faisait aucun doute, c’était le grondement des voitures qui circulaient déjà par dizaines. Elles freinaient à l’approche des feux. Elles accéléraient. Elles trépignaient. Elles faisaient un boucan qui n’avait rien à envier à celui des heures de pointe. À quatre heures du matin, jamais les voitures ne circulent en aussi grand nombre. Il en passe une de temps à autre, surtout dans la rue où ils habitent. 

Il voulut cependant en avoir le cœur net et tâtonna à la recherche de son réveil. Il s’y reprit à deux fois, mais celui-ci indiquait bel et bien sept heures. Les chiffres phosphorescents dessinaient une circonférence parfaite sur laquelle l’aiguille des heures désignait le chiffre sept et la grande aiguille errait aux alentours du chiffre douze. La trotteuse quant à elle progressait par petits sauts narquois. Il était sept heures, pas une de moins ! »

 

LIENS: 

éditions de l'Abat-jour : http://www.editionsdelabatjour.com/

Ampoule HS2 : http://www.editionsdelabatjour.com/2017/11/l-ampoule-hors-serie-n-2.html


24 novembre 2017

Les Terres du couchant, une nouvelle maison d'édition

 

 

Tous trois passionnés de littérature, de livres et d'édition, Marc NAGELS, Laura CHANTOUIN et Karl NOUAIL fondent les TERRES DU COUCHANT, maison d'édition sise à Chazé-sur-Argos, à proximité d'Angers. 

 

Les Terres du couchant proposent dès à présent :

Déas, entre pierre et ciel, de Marie-Hélène Bahain. Récit médiéval composé de quatre tableaux, qui dévoile le destin d’une femme, de deux hommes et d’un enfant dont les routes séparées convergent vers un lieu, l’abbaye de Déas.

pour feuilleter les premières pages : https://fr.calameo.com/read/005276205ecc43658299d

et, très bientôt :

Puis-je m'asseoir à côté de vous ?, de Roland Goeller. Récit d'un dîner dans un hôtel de province, livré par une logeuse qui croit assister à la naissance d'une romance. 

Pour feuilleter les premières pages : http://fr.calameo.com/read/0052762055c74a843f99a

 

Les Terres du couchant collectent les fonds nécessaires au lancement des ouvrages. Si vous aimez lire, si vos amis aiment lire, participez à l'aventure en souscrivant. 

Lien : https://fr.ulule.com/terres-du-couchant/

Nulle aventure littéraire sans la confiance et le soutien de ses lecteurs  

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Site des éditions : https://editionsdesterresducouchant.com/

 

 

06 novembre 2017

Bientôt : «Puis-je m'asseoir à côté de vous ? », roman

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Bientôt (courant décembre), la parution de mon dernier roman : 

Puis-je m'asseoir à côté de vous ?

Par la très récente maison d'éditions : LES TERRES DU COUCHANT

 

Feuilletez le calaméo du chapitre 1 :      http://fr.calameo.com/read/0052762055c74a843f99a

illustration : Fragonard, le baiser volé

01 novembre 2017

« La communion », nouvelle publiée par la revue ONUPHRIUS

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Une autre nouvelle, « La communion », a eu les honneurs des colonnes d'ONUPHRIUS, la très récente revue contemporaine de la nouvelle. (numéro 5 du 29 oct 2017) 

La communion de Paula est l'occasion d'une grande fête de famille. Tandis que M. le curé fourbit les articles du catéchisme, les parents de Paula songent aux invitations mais déjà les difficultés naissent. C'est que la communion a lieu dans l'Alsace des années soixante, où les familles sont divisées par les vicissitudes historiques. Est-il envisageable de réunir autour d'une même table des « malgré-nous » et des « Français de l'intérieur » ? De fil en aiguille, finissent par s'inviter tous les fantômes qui traversent l'imaginaire alsacien hanté par deux guerres. 

 

 

Un extrait : 

La communion donnait lieu à une grande fête où toute la famille se réunissait. Papa et maman discutaient des invitations et certaines semblaient ne pas aller de soi. Paula croyait qu’il suffisait d’inviter oncles et tantes, cousins et cousines, ainsi que les quelques aïeux qui étaient encore en vie. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait regagner sa chambre lorsque ses parents en parlaient. Un soir, elle voulut en avoir le cœur net. Elle fit semblant de se retirer, referma la porte et, sans bruit, redescendit s’asseoir au milieu de l’escalier. De là, elle pouvait suivre n’importe quelle conversation, même les messes basses. Elle entendit maman se demander s’il était convenable d’inviter l’oncle Arthur. Cela l’étonna. Elle connaissait bien Arthur. Il était plutôt gentil, il apportait toujours quelque chose pour elle lorsqu’il venait à la maison, mais maman objectait qu’il avait été soldat dans la Wehrmacht et aussitôt, Paula se dit : « Ça y est, encore la Wehrmacht ! » 

 

Lien : http://onuphrius.fr/la-communion/  (lecture libre) 

illustration de Michaël Halbner 

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14 octobre 2017

« Le baiser de Klimt », nouvelle primée au concours de nouvelles de Chevinay 2017

 

 

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Le baiser de Klimt, nouvelle qui appartient au registre des dystopies, fait référence au célèbre tableau du peintre de la Sécession viennoise, Gustave Klimt.

 

Elle a été distinguée au concours de nouvelles de Chevinay, cru 2017, où elle a obtenu le quatrième prix. 

 

Un extrait:

« Le rendez-vous avec Cécilia, ce qu'il considère comme un rendez-vous, est prévu au centre sexuel. Les rendez-vous ont lieu du reste dans des centres sexuels, exclusivement, et ils ne sont un mystère pour personne. Il n'y a pas lieu d'en faire des messes basses. En fait-on pour les jours de retrait à la supérette des composés alimentaires, pour les séances aux clubs de gymnastique, ou encore pour les projections cinématographiques didactiques? Paul dispose d'un rendez-vous hebdomadaire dans un centre sexuel et c'est le mercredi. Pour d'autres, les rendez-vous sont espacés de deux voire trois semaines, d'autres encore s'y rendent deux fois par semaine, le rythme varie en fonction des individus. Il est défini au cours d'un examen annuel par le service d'anthropométrie médicale. Le service mesure un ensemble de paramètres tels la pression sanguine, l'acuité oculaire ou encore les taux d'hormones et de testostérone. Il procède à des analyses et recommande le rythme optimal des rendez-vous. Ramon, le collègue un peu rougeaud avec d'épaisses moustaches, bénéficie de deux rendez-vous hebdomadaires auxquels il se rend parfois en traînant les pieds, peut-être à cause de son embonpoint. Paul quant à lui avait hérité d'un seul et unique rendez-vous, et il n'avait trouvé rien à redire à cela. " Vous êtes dans la moyenne !", avait commenté l'infirmière. Paul s'en était contenté. Il était dans la moyenne, quoi demander de plus. "Quel jour préférez-vous, avait ajouté l'infirmière en tournant les pages d'un planning, nous avons des places les mardis, mercredis et vendredis. 

-- Ça m'est égal, avait-il répondu après un instant de réflexion.
-- Eh bien, ce sera mercredi !", avait décrété l'infirmière. »

 

NB: Les organisateurs du concours envisagent la publication des nouvelles primées sous forme de livret. A suivre!

 

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12 octobre 2017

« Promenade dominicale », nouvelle publiée sur le site NOUVELLESCOURTES

woman with dog

La nouvelle Promenade dominicale a été sélectionnée et primée par le 8ème concours organisé par NOUVELLESCOURTES. 

Elle est en lecture libre ici: http://www.nouvellescourtes.org/promenade-dominicale.ws

Les nouvelles sélectionnées par NOUVELLESCOURTES alimentent les dévidoirs à nouvelles et textes courts que les gares de France et de Nararre mettent à disposition de leurs voyageurs en escale ou en correspondance longue, ou tout simplement de passage.

Bonne lecture

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06 octobre 2017

AIlleurs

 

ailleurs

Nous nous habituons. Je suis ailleurs. Tu es ailleurs. Il est ailleurs. Les gens sont ailleurs. Les gens disent, je suis ailleurs. Les personnes à leurs côtés leur parlent, ils n'entendent pas, qu'est-ce que tu dis, ils sont penchés sur leur smartphone et saisissent des bouts de phrase qui n'en ont pas l'air. Du sabir condensé. Je suis ailleurs. Comment peut-on être ailleurs? Comment diable? Il y a de l'implicite dans le fait d'être. Quand on est, on est ici, ou on n'est pas. On ne peut pas être à la fois ici et ailleurs, l'ubiquité n'existe pas. Pourquoi ne pas le dire simplement, on ne peut pas être ailleurs. On ne peut pas. Hic et nunc! Maintenant. Nunc. Les sages en viennent à insister, soyez présents au moment présent. Mais qui écoute les sages? Faut-il vous le dire, le seul moment donné à vivre est le moment présent. On ne peut pas vivre un moment passé ou futur, ou un moment ailleurs. Le présent est le temps de la vie. Le lieu où je suis est le lieu de la vie, même s'il s'agit des quatre murs d'une prison. Implicitement et explicitement. Dire, je revis un moment passé, est une métaphore. On ne revit pas ce moment, on s'en souvient. Vivre est un acte charnel pas exclusivement mémoriel ou virtuel. Froid, chaud, venteux, lumineux ou que sais-je d'autre. Ailleurs ne peut que laisser indifférent. Carpe diem. Lorsque le jour est réduit à la fenêtre d'un smartphone, alors on est vraiment ailleurs, mais certainement pas là où on croit être. Ailleurs, on est absent!

 

 

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21 septembre 2017

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20 septembre 2017

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13 septembre 2017

PMA et familles

famille mono

"Les défenseurs de la famille biparentale fulminent, au nom de l'intérêt de l'enfant, contre l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples lesbiens... ce qui est absurde. Une famille dite «traditionnelle» ne protège de rien ! Si le genre de famille que défend la manif pour tous était une garantie contre la névrose, la folie, la violence, les mauvaises manières ou l’inceste, on lutterait tous, homosexuels ou pas, pour qu’un tel trésor soit notre unique modèle ! Seulement, ce n’est pas le cas du tout. Le fait d’avoir deux parents de sexe différent n’a jamais préservé du déséquilibre. C'est l'homme qui fait la loi pas Dieu!" Ainsi s'exprime le philosophe R Enthoven sur les ondes d'Europe 1 en un plaidoyer qu'il convient de relire à deux fois! En effet, quel argument le philosophe brandit-il? Que la "famille traditionnelle" ne protège pas ..., nous en convenons volontiers, mais la formule est un peu lapidaire, approximative même. Où R Enthoven situe-t-il l'étiage? 5%, 10%, 40%, 70%? La précision est d'importance. Que 100% des familles "traditionnelles" ne soient pas parfaites, cela nous le savions. En revanche, si 80% le sont, alors le modèle est performant, perfectible, mais performant. Et R Enthoven commet une erreur de raisonnement laquelle consiste à réfuter une série à cause de l'imperfection de quelques éléments. Si dans une série, vous trouvez un élément défectueux, alors rebutez toute la série!, dit-il, ou changez-en! C'est aller en peu vite en besogne, cher monsieur! D'autant plus que vous commettez la même erreur, mais dans l'autre sens, dans le cas des familles "non traditionnelles". Le recul manque pour apprécier leur "performance". Ne les condamnons pas pour autant. Mais faire la promotion de la famille "non traditionnelle" à partir de contrexemples trouvés parmi les familles "traditionnelles", cela relève du contre-sens. Quant à la loi faite par l'homme et non Dieu, pour qui nous prenez-vous? Croyiez-vous que nous l'ignorions? Nous n'ignorons pas non plus que certains hommes font des lois en tenant compte de Dieu et d'autres, non! Libre à vous de choisir votre champ mais n'en restez pas moins implacables dans vos raisonnements. Défendez la PMA avec des arguments que la logique ne saurait récuser! Comme quoi, si "les formes préservent de la barbarie" (Benjamin Constant), la philosophie ne préserve pas des sophismes!

 

 

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12 septembre 2017

Du haut du pont Lénine, à Bègles,

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là où, de nuit, commence la grande lumière du sud-ouest*, j'observe la petite gare nichée en contrebas. Un TER s'y arrête. En descendent quelques voyageurs qui se hâtent. Le TER repart en direction de Langon ou Marmande. Le suivant passera dans 45 minutes. La métropole bordelaise pousse ses tentacules de ville millionnaire, mais seuls quelques rares trains desservent les petites villes alentour, Libourne, Lesparre, Bergerac, Langon ... A peine plus plus qu'il y a vingt ans! Les infrastructures ne l'auraient pas permis. Les petites villes s'effondrent sur elles-mêmes, reliées à la métropole par des cordons ombilicaux chétifs. Leur sort est régulièrement évoqué dans les grandes assemblées territoriales où la condescendance est bannie. Leurs habitants prennent majoritairement la voiture, faute de transports en commun efficaces. Une troisième voie ferroviaire avait été réclamée à corps et à cris sur l'itinéraire Bordeaux-Langon. Elle aurait permis d'augmenter la cadence des TER, peut-être aussi leur régularité! Les instances chargées du bien public ferroviaire ont dit, bien sûr! L'opération aurait coûté quelques centaines de millions d'euros. Jouable! Par la suite, les instances ont dit, on va le faire avec le TGV Bordeaux-Toulouse, ce qui était une façon de dire, pour avoir la troisième voie, il faudra bien que vous vouliez aussi le TGV. Pas fou! Puis il y eut l'affaire du TGV Tours-Bordeaux, la grosse affaire! Monsieur de La Fontaine se serait régalé à écrire un remake de certaine fable. A l'inauguration du TGV, en juillet dernier, le président Macron lui-même a laissé entendre, bon, maintenant, on va calmer le jeu. Calmer le jeu, cela veut dire, le Bordeaux-Toulouse repoussé aux calendres grecques. Non que les Girondins veulent absolument de ce TGV mais en militant pour lui, ils espéraient avoir leur troisième voie. Ils en sont pour leurs frais. Un TGV passe le long de la gare de Bègles, il ne s'arrête pas. Sous le Pont Lénine, il y a de la place pour faire passer six voies. Mais pour leur troisième voie, les habitants de Villenave, Cadaujac, St-Médard, Beautiran ...Langon devront patienter encore quelques lustres!


* nom et signifiant de la fresque lumineuse inscrite dans le garde-fou du pont. Financée par l'opération Tramway de la métropole, sur le 1% consacré au mécénat d'art. Des riverains, sceptiques, continuent de regarder la fresque d'un air dubitatif.

27 août 2017

Ecrire après Barcelone

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Pour qui fait profession d'écrire, pour qui le métier d'écrire consiste à jeter de vastes cônes de lumière sur les zones d'ombre, comment ignorer désormais, dans l'exercice d'écrire, dans les thèmes qui s'imposent à la plume, ce fait tangible d'une hostilité sourde, aux étendues et profondeurs insoupçonnées, d'une fracture aussi menaçante que celles qui naissent à la jonction des plaques, et qui parfois se manifeste, érupte, en attentats sanglants à propos desquels les uns se disent , cela passera, le "vivre-ensemble" finira bien par l'emporter, tandis que les autres, alarmés telle Cassandre, constatent que le "vivre-ensemble" n'est qu'une coquille vide posée sur cette hostilité à la manière d'un leurre? Comment cette question peut-elle, désormais, ne pas être au cœur de l'exercice d'écrire, à moins que celui-ci ait cessé d'être le miroir du monde en lequel les hommes reconnaissent leur visage pour devenir un écran ou se projettent les fantasmes et les postures?
La madelaine de Proust en devient dérisoire, c'est avec la rage de Céline qu'il faut parler de ce qui advient!

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07 août 2017

"La meuf est dead"

 

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La triomphale entrée du gladiateur Neymar au club de football le plus prisé de la capitale déferle sur les réseaux sociaux et dans les espaces médiatiques d'où sont chassées les bruits précédents, notamment celui de ce malheureux sms d'une chargée de communication de l'Elysée selon le(la)quel(le) "la meuf est dead".
La "meuf" en question n'est autre que la regrettée Simone Veil, décédée le 30 juin dernier, à propos de laquelle le Président Macron a prononcé un éloge funèbre dont l'esprit se situe aux antipodes de celui du sms de sa chargée de communication. Cette dernière s'est du reste empressée d'en nier l'authenticité mais, dans une interview accordée à l'Express, elle n'en affirme pas moins assumer "parfaitement de mentir pour protéger le président". Faut-il pour autant jeter la pierre à cette dernière?
Le sms a soulevé des torrents d'indignation. Pour les uns il était tout simplement impensable d'évoquer en ces termes une grande figure de la cause des femmes. Pour les autres, l'indignation était irrecevable car motivée par une soi-disant forme de racisme à l'encontre de la réussite de la femme noire auteure du sms (cf quotidien Le Monde). Pour le chroniqueur David Desgouilles (Figaro), il n'y a pas lieu de condamner cette dernière car le propos aurait été tenu au cours d'un échange privé non destiné à publication. Non sans raison, il dénonce l'intrusion d'une certaine police de la pensée laquelle, de moins en moins, respecte les espaces privés, à l'image de l'amendement de la loi de moralisation qui frappe d'inéligibilité toute personne condamnée pour des propos ceci, des propos cela.
Cependant, verba volant scripta manent! Tout oral que soit l'esprit d'un sms, sa forme n'en est pas moins écrite et la chargée de communication ne pouvait pas ignorer que les amis de circonstance qui bourdonnent autour de l'Elysée peuvent à l'occasion faire un usage public d'une confidence écrite. Que la rumeur s'en empare n'a donc rien d'étonnant. Qu'il y ait autour des sphères du pouvoir, mais aussi du football, du showbiz, etc, des paparazzis et pseudo chargés d'information qui, telles les Erynnies de Sophocle, tourmentent les vivants, n'a rien d'étonnant non plus. Cependant, ce qui l'est plus encore, c'est l'invocation de l'excuse du privé!
Au nom d'une certaine dichotomie (public-privé), un même événement, une même question, seraient traités de manières différentes et antinomiques. En public, ce sont des références avérées et des éléments de langage policés, de vrais accents de sincérité et des silences étudiés. En privé, on se lâche, ce qui est une autre façon de dire qu'on se permet des grossieretés qu'on s'interdirait en public. Le chargée de communication de l'Elysée n'a rien fait d'autre que se lâcher, c'est sa seule faute. En même temps, les personnes qui se lâchent, peu ou prou, disent la vérité, une certaine vérité. Ainsi est-on fondé à soupçonner qu'à l'Elysée, ce qu'on pense de Simone Veil se rapprocherait plus du malheureux tweet que du discours présidentiel tenu en grandes pompes et en toute sincérité.
La dichotomie (public-privé) a bon dos du reste et son invocation relève sans doute du syllogisme. On lui demande de couvrir autre chose à propos de quoi il y a tout lieu de s'étonner voire de s'alarmer. La dichotomie est installée dans l'esprit même des responsables politiques et des communiquants. Une partie de leur esprit, la partie infra, utiliserait des outils mal affutés et manipulerait des représentations et des concepts grossiers (non dégrossis), dépourvus de respect et de considération. Les femmes y seraient des meufs. On ne sait à quelle sauce seraient mangés les opposants et les contradicteurs de toutes sortes. On sait en revanche que "les formes préservent de la barbarie" (Benjamin Constant) et que l'absence de formes (en quoi consiste la grossiereté) conduit à une grossiereté de raisonnement et à des schématisations réductrices et dangereuses. L'autre partie de l'esprit, le surmoi politique, serait chargée de donner le change et il y a diablement de quoi faire en la matière. Du reste, certains hommes politiques ne se risquent plus à des prises de parole (encore une expression emblématique de la distance par rapport à la parole qu'en vérité on ne prend pas mais qu'on énonce et qu'on délivre) sans oreillettes par lesquelles les consultants débitent des fragments de discours tels les souffleurs qui volent au secours des acteurs sur les planches. Ainsi devrait-on à une absence ou une panne d'oreillette ce propos sybillin selon lequel, dans une gare, on rencontrerait des "gens qui ont réussi et d'autres qui ne sont rien."
Peu importe, s'exclament d'aucuns, pourvu que les dossiers avancent! L'efficacité avant tout! Nous sommes cependant au regret de devoir rappeler que Simone Veil n'est pas une meuf, de même que les pauvres ne sont pas des "sans-dents" et que les poilus de quartorze n'étaient pas "de la chair à canon". On peut tenir, en privé, des propos concernant la pauvreté, mais lorsqu'une ex première dame nous dit en quels termes on évoque, là-haut, les pauvres, on a une petite idée de l'estime en laquelle ils sont tenus par ceux-là mêmes qui prétendent les défendre. De même, dire que "la meuf est dead" fait penser moins à un hommage sincère qu'à une tâche supplémentaire sur un semainier déjà bien chargé.
La grossiereté cependant n'est pas un crime, son exercice échappe aux filets de la police de la pensée. La grossiereté se dégrossit par la culture, l'exercice de la philosophie et de la conversation, la fréquentation de personnes qui ont une fois pour toutes renoncé à ce détestable usage consistant à claquer les portes et d'élever le ton. D'une certaine façon, il convient de savoir gré à la chargée de communication de l'Elysée de son sms malheureux. Sans le vouloir, elle nous renseigne sur des usages qui sont en train de se banaliser dans les sphères du pouvoir et dont les pratiques pourraient se révéler délétères si des vents mauvais venaient à se lever.

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20 juillet 2017

Un conflit de générations?

macron

Il reste évidemment des inconditionnels, nombreux de surcroît, militants voire aficionados. Ils ne jurent que par le "renouveau" de la classe politique, le "dégagisme" qu'ils feignent de prendre pour un coup de torchon sur une table encombrée mais qui n'est que la conséquence de leur incapacité à remettre de l'ordre dans un monde politique gangrené de désordre. Cependant l'édifice commence à se fissurer. Après les effets de communication et de manches, les bataillons de la macronie entrent "dans le dur" comme on dit (parce qu'on a oublié l'usage de l'expression : épreuve de vérité). Je me limiterai à quelques florilèges : après le colonialisme présenté comme "crime contre l'humanité", l'approximatif discours à propos du Vel d'Hiv' et des responsabilités historiques, puis la découverte d'un déficit budgétaire plus grand que prévu et l'impréparation des contre-mesures, sans parler du grossier recadrage budgétaire qui entraîne la démission du chef des armées et son alerte quant à leur efficacité, etc. La liste (des couacs, autre néologisme auquel je préfère: fausses notes) est déjà bien longue pour une période aussi courte. Elle témoigne de beaucoup d'amateurisme (et peut-être d'arrogance). La parole élyséenne censée intervenir avec retenue, dans la stratégie et le long terme, censée incarner cette hauteur qu'elle a reproché au précédent locataire de l'Elysée de ne pas avoir eue, cette parole s'emballe. "Je suis votre chef!", vitupère notre président, inconscient du fait qu'affirmer ainsi son autorité, c'est déjà faire l'aveu de ne plus la détenir (la potestas n'est pas l'auctoritas). Diable, mais que se passe-t-il donc en Macronie?
Peut-être le fameux "renouveau" a-t-il été un peu excessif? Peut-être les apprentis-sorciers du macronisme se sont-ils débarrassés d'outils, tels des mécaniciens amateurs qui jettent le delco d'une voiture parce qu'ils ne savent pas à quoi il sert et qui s'étonnent qu'elle ne démarre plus? Des chroniqueurs ont évoqué un conflit générationnel semblable à celui qui se révéla au cours de mai 68. Les bataillons d'élus, députés, conseillers et attachés de tous ordres présents parfois depuis plusieurs décennies ont été, au cours de ces élections, balayés par une impatience juvénile à bien des égards compréhensible. Peut-être les ainés sont-ils responsables d'avoir trop longtemps occupé les fonctions et de ne pas avoir préparé leur succession. Ils ne peuvent de surcroît faire état d'un bilan flatteur: la France est au bord du gouffre économique et aux bord de l'implosion communautaire. Emmanuel Macron a eu beau jeu (et c'est aussi son génie) d'avoir pressenti ce tournant historique et de proclamer "place aux jeunes!" avec une étiquette mobilisatrice (En marche) et dans une formule new-look consistant à postuler la fin du clivage droite-gauche (de même que Fukuyama proclama la fin de l'histoire, théorie dont nous sommes aujourd'hui revenus!). Même s'il a sans doute un peu été aidé par l'éviction de son véritable adversaire, François Fillon, lequel pour le moins a manqué d'opportunisme!
"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!" dit un vieux proverbe que la modernité prétend remiser aux oubliettes. François Hollande a fait la preuve de son impuissance, mais E Macron montre qu'il ne sait pas tenir son rang face au général de Villiers ni même face aux Comoriens ou aux femmes africaines! Son accession au pouvoir coïncide de surcroît avec un autre événement, certes diffus mais inéluctable, puissant tel un rouleau compresseur, à savoir l'avènement des nouvelles technologies. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère et "l'homme nouveau" est branché, connecté, équipé d'une oreillette par où des communiquants lui soufflent des éléments de langage sans lesquels il tiendrait des propos ahurissants (cf: le commentaire sur "ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien"). L'homme nouveau n'apprend pas, il télécharge, il consulte, il lit des notes qu'il oublie aussitôt. Sa mémoire immédiate est surdimensionnée mais au détriment de sa mémoire profonde. Il n'a pas de maître, il est bardé de didacticiels et d'applications à DLUO réduite. Il ne regarde pas s'éclore les fleurs, il appuie sur un bouton, il clique, afin que, par l'opération du Saint-Esprit et de quelques giga-octets, les fleurs éclosent. Et si elles ne le font pas, il procède à un retour d'expériences ainsi qu'à une recherche de responsabilité de défaillance dans la chaîne du réel.
Les logiciels, didacticiels et outils ne sont pas en cause mais ils ne donnent que ce qu'ils peuvent donner. Cependant ils anésthésient l'intuition, laquelle consiste écouter un général qui dit que l'armée est exsangue et à se garder de mettre des loups dans les bergeries ("homo hominum lupus"!). Peut-être l'erreur la plus grande des ainés a-t-elle consisté à laisser croire à leurs cadets qu'ils y arriveront sans transmission, sans lent apprentissage! Platon était réservé quant à l'usage de l'écrit lequel à ses yeux affaiblissait le pouvoir de transmission orale des maîtres et peut-être l'épreuve la plus grande qui attend ce quinquennat est de confronter une génération nouvelle, largement impréparée, à l'épreuve du réel sans qu'elle ne songe à tempérer ses ardeurs par la pondération des ainés.
Le portait officiel présente notre président avec le Rouge et le Noir en arrière plan. Selon la rumeur, il s'identifierait au héros Julien Sorel, avide d'en découdre et de conquérir le monde. Peut-être aurait-il été bien avisé de poser à côté du roman de Stendhal les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle, empereur, stoïcien, et homme le plus puissant de son temps.

 

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18 juillet 2017

Lire en été, nouvelles parues aux éditions de l'Abat-jour

L'été s'installe, majestueux tel un chant de cigales. 

Une saison suspendue au solstice,

Parfois, à la lecture, propice,

Face à la mer, étale.

 

Peut-être n'avez-vous pas encore eu le temps de lire ces deux nouvelles parues aux éditions de l'Abat-Jour, dans sa revue l'AMPOULE, numéros 20 et 23, toutes deux en lecture libre. 

En voici les liens et bonne lecture! 

  

ampoule 20

REITRES dans le numéro 20, page 74,

lien:   http://www.editionsdelabatjour.com/2016/06/l-ampoule-n-20.html

 

 

 

 

 

 

Ampoule-n-23

LES PETITS CARNETS, dans le numéro 23, page 97,

lien:     http://www.editionsdelabatjour.com/2017/06/l-ampoule-n-23.html

 

 

 

 

 

 

 

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