blog de roland goeller

02 décembre 2018

En dédicace, le jeudi 13 décembre 2018, de 14h à 18h, à CULTURA, 33130 Bègles

Envie d'un livre dédicacé, 

Envie d'offrir un livre dédicacé, 

 

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Je serai présent le jeudi 13 décembre,

de 14h à 18h,

au grand CULTURA, 33130 Bègles,

pour vous y accueillir.

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27 novembre 2018

Deux REQUIEM à l'église Sainte-Marie de la Bastide

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Je suis très fier (et heureux) d'avoir compté parmi les choristes (registre des basses) de la chorale Créch'endo, de Bègles, laquelle, en compagnie de la chorale Entre-Deux-Airs et de l'ensemble instrumental de Bordeaux, sous la direction (inspirée)de Mme Elizabeth Pétillot (musicienne, chef de choeur et cantatrice) a interprété, en l'Eglise Sainte-Marie de la Bastide, à Bordeaux, hier, le 25 novembre 2018, malgré le froid, en la présence chaleureuse d'un public de quelques deux-cents personnes, attentives et comblées, ... le très délicat REQUIEM de PUCCINI et le très majestueux REQUIEM de FAURE...

20 novembre 2018

« La révolte des hibiscus », nouvelle au sommaire de la revue L'AMPOULE, hors série n°4

La nouvelle m'est venue à la suite d'un accident domestique. C'était en automne et je procédais à la taille des hibiscus de mon jardin. Me croyant invincible, je ne pris pas de précautions particulières, ni gants, ni lunettes de sécurité. Ainsi, je taillais gaillardement lorsqu'une branche un peu plus longue vint me fouetter le visage. Je me mis à frotter mon oeil tout en me disant, ce n'est rien. Deux heures plus tard, l'ophtamologiste du service des Urgences me demanda :« Comment vous avez fait ça ? » ...

L'Ampoule HS n°4

Edito L'Ampoule HS n°4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire L'Ampoule HS n°4

Un extrait : « Lorsqu’il ne taillait pas les hibiscus ou ne cuisinait pas, le tailleur écrivait des nouvelles. Il songea à celle qui était en cours. Comment en retrouverait-il le texte désormais, dissimulé dans une arborescence de son ordinateur, et comment en écrirait-il la suite ? Il ne pouvait envisager d’attendre de retrouver l’usage de ses yeux, cela prendrait trop de temps. Il ne pouvait non plus soulever le bandeau. Il avait besoin de son texte, en intégralité, mais celui-ciétait sous une forme virtuelle, à la merci de la moindre erreur de manipulation. L’ophtalmologiste n’avait formulé aucune recommandation sur ce point, comme si les patients qui venaient la consulter n’avaient que très vaguement besoin de leurs yeux, ou alors pour des choses anecdotiques. À qui demander ? Le tailleur ne manquait pas de voisins et pourrait recourir à leurs bons offices pour l’approvisionner en pain et enproduits de première nécessité — ils s’en chargeraient volontiers. Quant à parcourir les dossiers et fichiers de son ordinateur... De surcroît, à quoi l’avancerait une impression? À la réflexion, il n’avait d’autre solution que d’apprendre le texte par cœur et de se souvenir de chaque ajout fait par la suite. Il en allait de ses nouvelles comme des ustensiles decuisine. Les meubles, armoires, placards et appliques murales tenaient lieu de paragraphes. Leurs positions respectives répondaient à unfil conducteur. L’emplacement de la vaisselle, des couverts, àl’ordre des phrases, et ces derniers aux éléments constitutifs —adjectifs, adverbes, propositions subordonnées, renvois. Les yeux fermés, il fallait savoir où, dans la cuisine, se trouvait chaque chose. De même, il lui faudrait se rappeler avec précision comment les paragraphes s’enchaînaient... sans parler de la ponctuation. »

La "présentation"  de la revue aura lieu le :

14 décembre 2018, 19h, à la librairie Olympique, 33000 Bordeaux

Informations concernant la Revue L'AMPOULE et où la trouver : 

http://www.editionsdelabatjour.com/qui-sommes-nous.html

Infomations concernant les éditions de l'ABAT-JOUR : 

http://www.editionsdelabatjour.com

 

 

23 octobre 2018

Un centenaire dans l'insignifiance ?

L'année 2018 arrive presque à son terme et la mémoire de la Première Guerre mondiale, que d'aucuns voulurent raviver, n'en est pas moins ignorée, perdue dans le maelström des affaires. Aux dernières nouvelles et alors que personne ne lui en a fait la demande, le président Macron renoncerait aux commémorations du 11 novembre. Qu'en est-il alors de la mémoire des 300 000 (peut-être plus) Alsaciens-Mosellans engagés dès 1914 dans les armées allemandes, décimés sur le front germano-russe ? La République (qui pourtant a voulu réintégrer leur Heimat dans son territoire) ne leur a rendu ni justice ni hommage (aujourd'hui moins que jamais, alors que nous attendions de ce centenaire le rétablissement d'une certaine vérité historique), et les monuments aux morts continuent de porter l'épitaphe indifférente : "A nos morts" (morts pour quelle patrie?)
La fresque romanesque (CAHIERS FRANçAIS ou la langue confisquée) leur rend hommage. (éditions Sutton, 2016, préface de M. Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin)

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Extrait:  " ...un certain Jaurès, pacifiste, fut assassiné le 31 juillet, tandis que le 1er août, un samedi, l’Allemagne déclara la guerre à la Russie. Anton, Ludwig et Jakob travaillaient quand, en milieu de matinée, il s’était fait un grand silence, non pas d’un seul coup, mais progressivement, comme la mer qui se retire et offre aux regards des promeneurs l’étendue de pierres et de varech cachés par les eaux. À la forge, les uns après les autres, les marteaux cessèrent de martyriser l’acier porté au rouge pour s’incliner dans un bruissement où seul subsistait la soufflerie du four en incandescence, tandis que les têtes se dressaient et se tournaient pour capter ces bribes de son portées par le vent. Das Sturmgeläut, das Sturmgeläut, soll jemand gestorben sein (c’est le tocsin, c’est le tocsin, quelqu’un doit être mort) ! Mais très vite, il apparut qu’aucun décès n’était à déplorer, du moins pas encore, car jamais le tocsin n’avait sonné aussi longtemps, d’interminables minutes, de son carillon qui perçait les murs de pierre et les murs de vent, léger et régulier pour ne pas effrayer, avec une douceur comparable, presque, à celle d’une main de mère posée sur l’épaule de son enfant endormi. À l’usine de chaussures, où les presses avaient renoncé à découper le cuir et les surjeteuses à en assembler les découpes, laissant s’installer sous la voûte du grand atelier un bruissement de fourmilière, et même à l’étude du notaire, toutes plumes suspendues, tout papier pétrifié dans son froissement, fenêtres ouvertes sur le carillon si proche, partout les têtes se dressaient et regardaient dans la même direction. Et le tocsin continuait de sonner, personne n’était mort et pourtant personne ne semblait pouvoir l’arrêter. Quand il sonnait ainsi, aussi longtemps, sans doute signifiait-il que la mort avait grande faim."

 

référence : Cahiers français ou la langue confisquée, éditions Sutton, 2016, disponible en librairies

 

19 octobre 2018

Glottophobie...

Harcelé par la presse, l'intrépide Jean-Luc Mélenchon perd pied et se moque de l'accent toulousain d'une journaliste... et déjà une députée LREM s'empresse de réclamer une loi contre la "glottophobie". Dans le "pays des libertés", fort curieusement, les susceptibilités augmentent proportionnellement avec les libertés et droits octroyés. Et, bientôt, les libertés seront assorties de tant d' interdictions que leur usage ne sera plus que théorique...

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07 octobre 2018

Les impensés de l'intelligence artificielle

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Dans moins de vingt ans, les technologies nécessaires à la circulation de voitures sans chauffeur seront maîtrisées, et peu à peu…, s’exclament les start-upers et autres jeunes gens, brillants au demeurant, ravis d’entrevoir un seuil technologique et de rêver aux béatitudes qu’il est censé nous ouvrir. Ailleurs, d’autres start-upers mettent au point des robots domestiques destinés à prêter main-forte (si je puis dire) lors de la corvée de l’aspirateur ou préparer une vinaigrette dans les règles de l’art. Leurs concepteurs ne tarissent pas d’exclamations sur les progrès accomplis ces quelques dernières décennies et leurs visages s’illuminent à l’évocation des avenirs radieux qui nous attendent, même s’ils confessent que leurs créatures ne possèdent pas une once de cette empathie qui permet aux enfants d’apprendre par le seul mimétisme !

            Le fait que, pour la plupart, les verbes qui sous-tendent ces discours soient conjugués au futur n’est pas le moindre des petits signes censés nous mettre la puce à l’oreille. Car, assurément, sauf à prendre les choses au premier degré et les vessies pour des lanternes, le saut technologique de l’I.A., l’intelligence artificielle, pose autant de questions qu’il n’ouvre de perspectives. 

            Les sociétés équipées de voitures sans chauffeur verront leur taux d’accident baisser de 80%, prétendent les start-upers. Si l’argument est sans doute irréfutable, il est bien maigre et, surtout, il laisse dans l’ombre, dans l’impensé, toute une série d’autres questions dont la persistance devient cruciale. Ainsi de la mobilité ! La première question est en effet celle de ce besoin de mobilité auquel on a tant sacrifié qu’il semble devenu consubstantiel à nos existences. Si, en effet, il est nécessaire, indispensable, vital, de tant nous déplacer en voiture, urbi et orbi, sept jours sur sept, alors oui, la voiture sans chauffeur répond… mais si le besoin n’était pas aussi indispensable ? Si l’organisation des cités, des territoires, des lieux de pouvoir et de délégation, si la partition des territoires en espaces locaux pourvus d’autonomie et susceptibles d’être parcourus à cheval (vous avez dit, cheval !), si les besoins résiduels de déplacement relevaient des seuls vélos et transports en commun, si…, alors les voitures sans chauffeur prendront place parmi les gadgets onéreux, inutiles, et illustreront le fait que, de tous temps, on aura cherché à suppléer à un défaut d’organisation par un surcroît de technologie. L’I.A. au secours de l’intelligence humaine, paresseuse, incapable de saisir une globalité que l’I.A. ne saisira pas plus, dans une fuite en avant sans fin, gourmande consommatrice de ressources… 

            Ces questions, nous aurions aimé les entendre dans la bouche des concepteurs ou, pour le moins, dans celles des mentors censés tracer le chemin, questionner le sens, mettre en garde contre les excès, les dangers, les emportements. Mais de ceux-là, nulle trace, ils n’ont plus voix au chapitre. L’avenir appartient à des jeunes gens dépourvus de guide et d’héritages, qui, en apprentis-sorciers, ouvrent les unes après les autres les boîtes de pandore d’où s’échappent des calamités qu’ils combattront avec d’autres boîtes de Pandore, et ainsi de suite… Ainsi va le monde, à la fin une suprême I.A. clora le chapitre en prononçant un Requiem atonal, ci-git l’espère humaine dévorée par son hybris. 

 

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02 octobre 2018

St-Médard-de-Guizieres

Je serai présent à la manifestation AUTOUR DU LIVRE, le 13 octobre prochain

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27 septembre 2018

Rap, entre haine et complaisance

Un jeune rappeur, noir, publie une chanson dans laquelle il s'en prend aux blans en des termes d'une rare violence...

Ce qui est (très) choquant (édifiant ?) ce n'est tant le rap haineux que le silence (complaisant, lâche) des bienpensants qui préfèrent ne pas entendre ce qu'ils entendent (ne pas voir ce qu'ils voient)

La propension à déceler chez Zemmour des propos un peu... (c'est vrai qu'ils le sont parfois) n'a d'égale que la complaisance à ignorer ceux de certains rappeurs un peu... , ce qui, soit dit en passant, ne manque pas de condescendance à leur égard. Serions-nous dans une société civile régie par deux poids et deux mesures ?

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25 septembre 2018

Asymétrique réciprocité

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Les femmes mettent des petites robes, parce qu’il fait beau, qu’elles ont envie de laisser le soleil lécher leurs jambes, du moins celles qui les ont jolies, envie de récolter ces petits hommages, des regards, des attentions, parfois un mot gentil, qui leur prouvent qu’elles plaisent, qu’elles plaisent encore, que leur pouvoir de plaire est intact, et, si fantaisie leur prenait de l’exercer… Les hommes ne manquent pas de remarquer les femmes qui montrent leurs jambes, du moins celles qui les ont jolies. Oh comme la vie est mal faite, certaines femmes ont de jolies jambes, d’autres, non. Certaines femmes ne sont jamais regardées. La réciproque est vraie, aussi. Le regard de certains hommes plait aux femmes, le regard d’autres, non ! Aux femmes qu’ils en estiment dignes, les hommes accordent des regards, des attentions, ils s’effacent à leur passage, ils s’empressent d’offrir la meilleure place à table, ils disent parfois un mot gentil. La vie est mal faite, certains hommes savent que leurs attentions seront reçues avec bienveillance, ceux-là ne s’offusquent pas d’un refus. Mais d’autres qui ont le malheur d’insister, les sots, ils ne voient pas que leur seule présence indispose ! En revanche, les femmes qu’attentions et sollicitations flattent acceptent de prendre un verre, en tout honneur, elles prêtent une attention parfois feinte mais soutenue, elles remettent leur numéro de téléphone, au cas où. Elles ne draguent pas, est-ce de leur faute s’il fait beau, qu’elles ont de jolies jambes et que le soleil invite à mettre une petite robe ? Ce sont les hommes qui draguent, ils ne peuvent pas s’en empêcher. Dans la partie de poker qui se joue, les hommes abattent leur carte en premier, les femmes se contentent de prendre place à table et de surenchérir. En quoi sont-elles responsables de la propension des hommes à abattre des cartes ? Et si des cartes sont abattues avec trop d’insistance, elles en appellent à la jurisprudence du harcèlement. Ces quelques nuances mises à part (ainsi que la nécessité, désormais, de mettre tous les verbes à l’imparfait), la réciprocité est respectée. 

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24 septembre 2018

carnet de voyage_2009_Le Belem à Bordeaux

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22 septembre 2018

carnet de voyage-Cadaujac-Chateau Bardins-2009

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21 septembre 2018

Voir ce que l'on voit...

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… n’est pas aussi simple qu’il y parait. Il faut avoir vu ce qu’on ne voit plus. Il faut se rappeler des choses du passé soi-disant visibles mais qui n’ont pas eu d’existence. Cela suppose de la mémoire, une mémoire d’éléphant et un brin de caractère qui confine à la mauvaise humeur. Cela suppose ne pas prendre les choses pour argent comptant, ni la communication de BFMTV pour une chronique des temps. Cela suppose la présence, dans la cité, d’anciens, de vénérables, chargés de garder cette mémoire et de la transmettre. A contrario, l’enjeu prochain de la manipulation des masses consiste à effacer des mémoires ce qui n’aurait pas dû être vu et y installer des séquences qui sont sans réalité mais que l’on (qui ?) aurait aimé qu’elles fussent vues. La rigueur de Péguy et les visions de Philippe K. Dick (Total recall…) nous sauveront-elles du désastre ? 

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18 septembre 2018

Carnet de voyage_Bordeaux_2011_Grand Théâtre

Bx_grandtheatre

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14 septembre 2018

Carnet de voyage_Bordeaux_2010_Fontaine des Girondins

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13 septembre 2018

Du déni_2

Le déni ne s'attaque qu'aux réalités complexes que l'esprit - l'esprit moyen des masses, en dépit de mon aversion pour les moyennes et les statistiques, et même le terme de masses - ne parvient pas à cerner,  par manque de temps, d'attention, de clés de lecture, de recul. Les réalités complexes ne se donnent jamais en elles-mêmes, elles se révèlent par fragments, à la manière de puzzles dont il manquerait toujours une pièce. D'elles, il est possible de penser tout et son contraire. Les éléments pour décider font défaut. Ainsi de la question climatique ! Sa complexité est telle qu'il est très difficile de dire si la dégradation climatique provient des excès d'activité humaine, de pollution, ou, au contraire, si elle est la conséquence d'un cycle tellurique que l'activité humaine ne perturberait qu'à la marge. La décision, lorsqu'elle se prend, se prend elle aussi à la marge. Les gens fondent leur opinion non sur une conception globale mais sur quelques détails qui les ont frappés, quelques pièces de puzzle à leurs yeux significatives. La chose serait sans conséquence si, lorsque la dégradation s'accentue, les esprits qui ont décidé ne s'installaient pas dans un déni, dans le confort du déni. Ils s'accrochent à leurs convictions, leurs pièces de puzzle, comme les bernacles à leur rocher. Changer de conviction consisterait en un effondrement, un état névrotique insupportable. 

Pour que le déni fonctionne, cependant, il faut des menteurs.  Il y a toujours un petit nombre d'individus, experts, instruits, qui ont sur la question une vue plus complète. Libres d'esprit et de parole, ils s'expriment en sincérité mais ne sont que peu ou pas entendus, n'ayant pas accès aux médias. D'autres, moins libres de paroles et d'esprit, mais mieux rémunérés, se chargent des éléments de constat - les éléments de langage - compatibles avec les choix idéologiques des organes de communication qui les emploient. Ils mentent par omission. Ce qu'ils disent n'est jamais faux, ils s'emploient simplement à ne pas tout dire, à se limiter aux éléments de langage validés. Les masses, indécises car manquant d'éléments d'appréciation, s'en remettent aux experts par cooptation et sympathie. Ils reçoivent leur parole non pour la qualité de ses arguments, mais pour la sympathie et la confiance qu'ils ont pu leur accorder en d'autres circonstances. 

Le déni ne s'attaque qu'aux réalités complexes voire globalisées, des réalités qui concernent des millions - des milliards -d'individus, une masse d'individus indécis, pourtant sommés par les mécanismes démocratiques de donner une opinion ou une orientation majoritaire sur une question complexe dont les menteurs lui donnent une représentation schématique, biaisée, orientée à priori. La masse se scinde en blocs de convictions opposées, antinomiques, souvent polémiques. 

Dans le cas des réalités complexes, globalisées, il est très difficile de voir ce que l'on voit, de voir ce qu'on ne voit qu'en partie, de voir ce qu'on croit voir, de voir ce qu'on croit ne pas voir, et les menteurs ne nous y aident pas. 

 

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