blog de roland goeller

14 octobre 2017

"Le baiser de Klimt", nouvelle primée au concours de nouvelles de Chevinay 2017

 

 

klimt_baiser

Le baiser de Klimt, nouvelle qui appartient au registre des dystopies, fait référence au célèbre tableau du peintre de la Sécession viennoise, Gustave Klimt.

 

Elle a été distinguée au concours de nouvelles de Chevinay, cru 2017, où elle a obtenu le quatrième prix. 

 

Un extrait:

« Le rendez-vous avec Cécilia, ce qu'il considère comme un rendez-vous, est prévu au centre sexuel. Les rendez-vous ont lieu du reste dans des centres sexuels, exclusivement, et ils ne sont un mystère pour personne. Il n'y a pas lieu d'en faire des messes basses. En fait-on pour les jours de retrait à la supérette des composés alimentaires, pour les séances aux clubs de gymnastique, ou encore pour les projections cinématographiques didactiques? Paul dispose d'un rendez-vous hebdomadaire dans un centre sexuel et c'est le mercredi. Pour d'autres, les rendez-vous sont espacés de deux voire trois semaines, d'autres encore s'y rendent deux fois par semaine, le rythme varie en fonction des individus. Il est défini au cours d'un examen annuel par le service d'anthropométrie médicale. Le service mesure un ensemble de paramètres tels la pression sanguine, l'acuité oculaire ou encore les taux d'hormones et de testostérone. Il procède à des analyses et recommande le rythme optimal des rendez-vous. Ramon, le collègue un peu rougeaud avec d'épaisses moustaches, bénéficie de deux rendez-vous hebdomadaires auxquels il se rend parfois en traînant les pieds, peut-être à cause de son embonpoint. Paul quant à lui avait hérité d'un seul et unique rendez-vous, et il n'avait trouvé rien à redire à cela. " Vous êtes dans la moyenne !", avait commenté l'infirmière. Paul s'en était contenté. Il était dans la moyenne, quoi demander de plus. "Quel jour préférez-vous, avait ajouté l'infirmière en tournant les pages d'un planning, nous avons des places les mardis, mercredis et vendredis. 

-- Ça m'est égal, avait-il répondu après un instant de réflexion.
-- Eh bien, ce sera mercredi !", avait décrété l'infirmière. »

 

NB: Les organisateurs du concours envisagent la publication des nouvelles primées sous forme de livret. A suivre!

 

Posté par acontrecourant à 14:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


12 octobre 2017

Promenade dominicale, publiée sur le site NOUVELLESCOURTES

woman with dog

La nouvelle Promenade dominicale a été sélectionnée et primée par le 8ème concours organisé par NOUVELLESCOURTES. 

Elle est en lecture libre ici: http://www.nouvellescourtes.org/promenade-dominicale.ws

Les nouvelles sélectionnées par NOUVELLESCOURTES alimentent les dévidoirs à nouvelles et textes courts que les gares de France et de Nararre mettent à disposition de leurs voyageurs en escale ou en correspondance longue, ou tout simplement de passage.

Bonne lecture

Posté par acontrecourant à 14:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 octobre 2017

AIlleurs

 

ailleurs

Nous nous habituons. Je suis ailleurs. Tu es ailleurs. Il est ailleurs. Les gens sont ailleurs. Les gens disent, je suis ailleurs. Les personnes à leurs côtés leur parlent, ils n'entendent pas, qu'est-ce que tu dis, ils sont penchés sur leur smartphone et saisissent des bouts de phrase qui n'en ont pas l'air. Du sabir condensé. Je suis ailleurs. Comment peut-on être ailleurs? Comment diable? Il y a de l'implicite dans le fait d'être. Quand on est, on est ici, ou on n'est pas. On ne peut pas être à la fois ici et ailleurs, l'ubiquité n'existe pas. Pourquoi ne pas le dire simplement, on ne peut pas être ailleurs. On ne peut pas. Hic et nunc! Maintenant. Nunc. Les sages en viennent à insister, soyez présents au moment présent. Mais qui écoute les sages? Faut-il vous le dire, le seul moment donné à vivre est le moment présent. On ne peut pas vivre un moment passé ou futur, ou un moment ailleurs. Le présent est le temps de la vie. Le lieu où je suis est le lieu de la vie, même s'il s'agit des quatre murs d'une prison. Implicitement et explicitement. Dire, je revis un moment passé, est une métaphore. On ne revit pas ce moment, on s'en souvient. Vivre est un acte charnel pas exclusivement mémoriel ou virtuel. Froid, chaud, venteux, lumineux ou que sais-je d'autre. Ailleurs ne peut que laisser indifférent. Carpe diem. Lorsque le jour est réduit à la fenêtre d'un smartphone, alors on est vraiment ailleurs, mais certainement pas là où on croit être. Ailleurs, on est absent!

 

 

Posté par acontrecourant à 10:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 septembre 2017

Ré_2017_2

 

Re_2017_10

Re_2017_12

 

Posté par acontrecourant à 07:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 septembre 2017

Ré_2017_1

 

Re_2017_1

Re_2017_8

 

 

Posté par acontrecourant à 13:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


13 septembre 2017

PMA et familles

famille mono

"Les défenseurs de la famille biparentale fulminent, au nom de l'intérêt de l'enfant, contre l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples lesbiens... ce qui est absurde. Une famille dite «traditionnelle» ne protège de rien ! Si le genre de famille que défend la manif pour tous était une garantie contre la névrose, la folie, la violence, les mauvaises manières ou l’inceste, on lutterait tous, homosexuels ou pas, pour qu’un tel trésor soit notre unique modèle ! Seulement, ce n’est pas le cas du tout. Le fait d’avoir deux parents de sexe différent n’a jamais préservé du déséquilibre. C'est l'homme qui fait la loi pas Dieu!" Ainsi s'exprime le philosophe R Enthoven sur les ondes d'Europe 1 en un plaidoyer qu'il convient de relire à deux fois! En effet, quel argument le philosophe brandit-il? Que la "famille traditionnelle" ne protège pas ..., nous en convenons volontiers, mais la formule est un peu lapidaire, approximative même. Où R Enthoven situe-t-il l'étiage? 5%, 10%, 40%, 70%? La précision est d'importance. Que 100% des familles "traditionnelles" ne soient pas parfaites, cela nous le savions. En revanche, si 80% le sont, alors le modèle est performant, perfectible, mais performant. Et R Enthoven commet une erreur de raisonnement laquelle consiste à réfuter une série à cause de l'imperfection de quelques éléments. Si dans une série, vous trouvez un élément défectueux, alors rebutez toute la série!, dit-il, ou changez-en! C'est aller en peu vite en besogne, cher monsieur! D'autant plus que vous commettez la même erreur, mais dans l'autre sens, dans le cas des familles "non traditionnelles". Le recul manque pour apprécier leur "performance". Ne les condamnons pas pour autant. Mais faire la promotion de la famille "non traditionnelle" à partir de contrexemples trouvés parmi les familles "traditionnelles", cela relève du contre-sens. Quant à la loi faite par l'homme et non Dieu, pour qui nous prenez-vous? Croyiez-vous que nous l'ignorions? Nous n'ignorons pas non plus que certains hommes font des lois en tenant compte de Dieu et d'autres, non! Libre à vous de choisir votre champ mais n'en restez pas moins implacables dans vos raisonnements. Défendez la PMA avec des arguments que la logique ne saurait récuser! Comme quoi, si "les formes préservent de la barbarie" (Benjamin Constant), la philosophie ne préserve pas des sophismes!

 

 

Posté par acontrecourant à 19:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 septembre 2017

Du haut du pont Lénine, à Bègles,

begles_gare

là où, de nuit, commence la grande lumière du sud-ouest*, j'observe la petite gare nichée en contrebas. Un TER s'y arrête. En descendent quelques voyageurs qui se hâtent. Le TER repart en direction de Langon ou Marmande. Le suivant passera dans 45 minutes. La métropole bordelaise pousse ses tentacules de ville millionnaire, mais seuls quelques rares trains desservent les petites villes alentour, Libourne, Lesparre, Bergerac, Langon ... A peine plus plus qu'il y a vingt ans! Les infrastructures ne l'auraient pas permis. Les petites villes s'effondrent sur elles-mêmes, reliées à la métropole par des cordons ombilicaux chétifs. Leur sort est régulièrement évoqué dans les grandes assemblées territoriales où la condescendance est bannie. Leurs habitants prennent majoritairement la voiture, faute de transports en commun efficaces. Une troisième voie ferroviaire avait été réclamée à corps et à cris sur l'itinéraire Bordeaux-Langon. Elle aurait permis d'augmenter la cadence des TER, peut-être aussi leur régularité! Les instances chargées du bien public ferroviaire ont dit, bien sûr! L'opération aurait coûté quelques centaines de millions d'euros. Jouable! Par la suite, les instances ont dit, on va le faire avec le TGV Bordeaux-Toulouse, ce qui était une façon de dire, pour avoir la troisième voie, il faudra bien que vous vouliez aussi le TGV. Pas fou! Puis il y eut l'affaire du TGV Tours-Bordeaux, la grosse affaire! Monsieur de La Fontaine se serait régalé à écrire un remake de certaine fable. A l'inauguration du TGV, en juillet dernier, le président Macron lui-même a laissé entendre, bon, maintenant, on va calmer le jeu. Calmer le jeu, cela veut dire, le Bordeaux-Toulouse repoussé aux calendres grecques. Non que les Girondins veulent absolument de ce TGV mais en militant pour lui, ils espéraient avoir leur troisième voie. Ils en sont pour leurs frais. Un TGV passe le long de la gare de Bègles, il ne s'arrête pas. Sous le Pont Lénine, il y a de la place pour faire passer six voies. Mais pour leur troisième voie, les habitants de Villenave, Cadaujac, St-Médard, Beautiran ...Langon devront patienter encore quelques lustres!


* nom et signifiant de la fresque lumineuse inscrite dans le garde-fou du pont. Financée par l'opération Tramway de la métropole, sur le 1% consacré au mécénat d'art. Des riverains, sceptiques, continuent de regarder la fresque d'un air dubitatif.

27 août 2017

Ecrire après Barcelone

barcelone

Pour qui fait profession d'écrire, pour qui le métier d'écrire consiste à jeter de vastes cônes de lumière sur les zones d'ombre, comment ignorer désormais, dans l'exercice d'écrire, dans les thèmes qui s'imposent à la plume, ce fait tangible d'une hostilité sourde, aux étendues et profondeurs insoupçonnées, d'une fracture aussi menaçante que celles qui naissent à la jonction des plaques, et qui parfois se manifeste, érupte, en attentats sanglants à propos desquels les uns se disent , cela passera, le "vivre-ensemble" finira bien par l'emporter, tandis que les autres, alarmés telle Cassandre, constatent que le "vivre-ensemble" n'est qu'une coquille vide posée sur cette hostilité à la manière d'un leurre? Comment cette question peut-elle, désormais, ne pas être au cœur de l'exercice d'écrire, à moins que celui-ci ait cessé d'être le miroir du monde en lequel les hommes reconnaissent leur visage pour devenir un écran ou se projettent les fantasmes et les postures?
La madelaine de Proust en devient dérisoire, c'est avec la rage de Céline qu'il faut parler de ce qui advient!

Posté par acontrecourant à 09:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 août 2017

"La meuf est dead"

 

veil

La triomphale entrée du gladiateur Neymar au club de football le plus prisé de la capitale déferle sur les réseaux sociaux et dans les espaces médiatiques d'où sont chassées les bruits précédents, notamment celui de ce malheureux sms d'une chargée de communication de l'Elysée selon le(la)quel(le) "la meuf est dead".
La "meuf" en question n'est autre que la regrettée Simone Veil, décédée le 30 juin dernier, à propos de laquelle le Président Macron a prononcé un éloge funèbre dont l'esprit se situe aux antipodes de celui du sms de sa chargée de communication. Cette dernière s'est du reste empressée d'en nier l'authenticité mais, dans une interview accordée à l'Express, elle n'en affirme pas moins assumer "parfaitement de mentir pour protéger le président". Faut-il pour autant jeter la pierre à cette dernière?
Le sms a soulevé des torrents d'indignation. Pour les uns il était tout simplement impensable d'évoquer en ces termes une grande figure de la cause des femmes. Pour les autres, l'indignation était irrecevable car motivée par une soi-disant forme de racisme à l'encontre de la réussite de la femme noire auteure du sms (cf quotidien Le Monde). Pour le chroniqueur David Desgouilles (Figaro), il n'y a pas lieu de condamner cette dernière car le propos aurait été tenu au cours d'un échange privé non destiné à publication. Non sans raison, il dénonce l'intrusion d'une certaine police de la pensée laquelle, de moins en moins, respecte les espaces privés, à l'image de l'amendement de la loi de moralisation qui frappe d'inéligibilité toute personne condamnée pour des propos ceci, des propos cela.
Cependant, verba volant scripta manent! Tout oral que soit l'esprit d'un sms, sa forme n'en est pas moins écrite et la chargée de communication ne pouvait pas ignorer que les amis de circonstance qui bourdonnent autour de l'Elysée peuvent à l'occasion faire un usage public d'une confidence écrite. Que la rumeur s'en empare n'a donc rien d'étonnant. Qu'il y ait autour des sphères du pouvoir, mais aussi du football, du showbiz, etc, des paparazzis et pseudo chargés d'information qui, telles les Erynnies de Sophocle, tourmentent les vivants, n'a rien d'étonnant non plus. Cependant, ce qui l'est plus encore, c'est l'invocation de l'excuse du privé!
Au nom d'une certaine dichotomie (public-privé), un même événement, une même question, seraient traités de manières différentes et antinomiques. En public, ce sont des références avérées et des éléments de langage policés, de vrais accents de sincérité et des silences étudiés. En privé, on se lâche, ce qui est une autre façon de dire qu'on se permet des grossieretés qu'on s'interdirait en public. Le chargée de communication de l'Elysée n'a rien fait d'autre que se lâcher, c'est sa seule faute. En même temps, les personnes qui se lâchent, peu ou prou, disent la vérité, une certaine vérité. Ainsi est-on fondé à soupçonner qu'à l'Elysée, ce qu'on pense de Simone Veil se rapprocherait plus du malheureux tweet que du discours présidentiel tenu en grandes pompes et en toute sincérité.
La dichotomie (public-privé) a bon dos du reste et son invocation relève sans doute du syllogisme. On lui demande de couvrir autre chose à propos de quoi il y a tout lieu de s'étonner voire de s'alarmer. La dichotomie est installée dans l'esprit même des responsables politiques et des communiquants. Une partie de leur esprit, la partie infra, utiliserait des outils mal affutés et manipulerait des représentations et des concepts grossiers (non dégrossis), dépourvus de respect et de considération. Les femmes y seraient des meufs. On ne sait à quelle sauce seraient mangés les opposants et les contradicteurs de toutes sortes. On sait en revanche que "les formes préservent de la barbarie" (Benjamin Constant) et que l'absence de formes (en quoi consiste la grossiereté) conduit à une grossiereté de raisonnement et à des schématisations réductrices et dangereuses. L'autre partie de l'esprit, le surmoi politique, serait chargée de donner le change et il y a diablement de quoi faire en la matière. Du reste, certains hommes politiques ne se risquent plus à des prises de parole (encore une expression emblématique de la distance par rapport à la parole qu'en vérité on ne prend pas mais qu'on énonce et qu'on délivre) sans oreillettes par lesquelles les consultants débitent des fragments de discours tels les souffleurs qui volent au secours des acteurs sur les planches. Ainsi devrait-on à une absence ou une panne d'oreillette ce propos sybillin selon lequel, dans une gare, on rencontrerait des "gens qui ont réussi et d'autres qui ne sont rien."
Peu importe, s'exclament d'aucuns, pourvu que les dossiers avancent! L'efficacité avant tout! Nous sommes cependant au regret de devoir rappeler que Simone Veil n'est pas une meuf, de même que les pauvres ne sont pas des "sans-dents" et que les poilus de quartorze n'étaient pas "de la chair à canon". On peut tenir, en privé, des propos concernant la pauvreté, mais lorsqu'une ex première dame nous dit en quels termes on évoque, là-haut, les pauvres, on a une petite idée de l'estime en laquelle ils sont tenus par ceux-là mêmes qui prétendent les défendre. De même, dire que "la meuf est dead" fait penser moins à un hommage sincère qu'à une tâche supplémentaire sur un semainier déjà bien chargé.
La grossiereté cependant n'est pas un crime, son exercice échappe aux filets de la police de la pensée. La grossiereté se dégrossit par la culture, l'exercice de la philosophie et de la conversation, la fréquentation de personnes qui ont une fois pour toutes renoncé à ce détestable usage consistant à claquer les portes et d'élever le ton. D'une certaine façon, il convient de savoir gré à la chargée de communication de l'Elysée de son sms malheureux. Sans le vouloir, elle nous renseigne sur des usages qui sont en train de se banaliser dans les sphères du pouvoir et dont les pratiques pourraient se révéler délétères si des vents mauvais venaient à se lever.

Posté par acontrecourant à 19:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 juillet 2017

Un conflit de générations?

macron

Il reste évidemment des inconditionnels, nombreux de surcroît, militants voire aficionados. Ils ne jurent que par le "renouveau" de la classe politique, le "dégagisme" qu'ils feignent de prendre pour un coup de torchon sur une table encombrée mais qui n'est que la conséquence de leur incapacité à remettre de l'ordre dans un monde politique gangrené de désordre. Cependant l'édifice commence à se fissurer. Après les effets de communication et de manches, les bataillons de la macronie entrent "dans le dur" comme on dit (parce qu'on a oublié l'usage de l'expression : épreuve de vérité). Je me limiterai à quelques florilèges : après le colonialisme présenté comme "crime contre l'humanité", l'approximatif discours à propos du Vel d'Hiv' et des responsabilités historiques, puis la découverte d'un déficit budgétaire plus grand que prévu et l'impréparation des contre-mesures, sans parler du grossier recadrage budgétaire qui entraîne la démission du chef des armées et son alerte quant à leur efficacité, etc. La liste (des couacs, autre néologisme auquel je préfère: fausses notes) est déjà bien longue pour une période aussi courte. Elle témoigne de beaucoup d'amateurisme (et peut-être d'arrogance). La parole élyséenne censée intervenir avec retenue, dans la stratégie et le long terme, censée incarner cette hauteur qu'elle a reproché au précédent locataire de l'Elysée de ne pas avoir eue, cette parole s'emballe. "Je suis votre chef!", vitupère notre président, inconscient du fait qu'affirmer ainsi son autorité, c'est déjà faire l'aveu de ne plus la détenir (la potestas n'est pas l'auctoritas). Diable, mais que se passe-t-il donc en Macronie?
Peut-être le fameux "renouveau" a-t-il été un peu excessif? Peut-être les apprentis-sorciers du macronisme se sont-ils débarrassés d'outils, tels des mécaniciens amateurs qui jettent le delco d'une voiture parce qu'ils ne savent pas à quoi il sert et qui s'étonnent qu'elle ne démarre plus? Des chroniqueurs ont évoqué un conflit générationnel semblable à celui qui se révéla au cours de mai 68. Les bataillons d'élus, députés, conseillers et attachés de tous ordres présents parfois depuis plusieurs décennies ont été, au cours de ces élections, balayés par une impatience juvénile à bien des égards compréhensible. Peut-être les ainés sont-ils responsables d'avoir trop longtemps occupé les fonctions et de ne pas avoir préparé leur succession. Ils ne peuvent de surcroît faire état d'un bilan flatteur: la France est au bord du gouffre économique et aux bord de l'implosion communautaire. Emmanuel Macron a eu beau jeu (et c'est aussi son génie) d'avoir pressenti ce tournant historique et de proclamer "place aux jeunes!" avec une étiquette mobilisatrice (En marche) et dans une formule new-look consistant à postuler la fin du clivage droite-gauche (de même que Fukuyama proclama la fin de l'histoire, théorie dont nous sommes aujourd'hui revenus!). Même s'il a sans doute un peu été aidé par l'éviction de son véritable adversaire, François Fillon, lequel pour le moins a manqué d'opportunisme!
"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!" dit un vieux proverbe que la modernité prétend remiser aux oubliettes. François Hollande a fait la preuve de son impuissance, mais E Macron montre qu'il ne sait pas tenir son rang face au général de Villiers ni même face aux Comoriens ou aux femmes africaines! Son accession au pouvoir coïncide de surcroît avec un autre événement, certes diffus mais inéluctable, puissant tel un rouleau compresseur, à savoir l'avènement des nouvelles technologies. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère et "l'homme nouveau" est branché, connecté, équipé d'une oreillette par où des communiquants lui soufflent des éléments de langage sans lesquels il tiendrait des propos ahurissants (cf: le commentaire sur "ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien"). L'homme nouveau n'apprend pas, il télécharge, il consulte, il lit des notes qu'il oublie aussitôt. Sa mémoire immédiate est surdimensionnée mais au détriment de sa mémoire profonde. Il n'a pas de maître, il est bardé de didacticiels et d'applications à DLUO réduite. Il ne regarde pas s'éclore les fleurs, il appuie sur un bouton, il clique, afin que, par l'opération du Saint-Esprit et de quelques giga-octets, les fleurs éclosent. Et si elles ne le font pas, il procède à un retour d'expériences ainsi qu'à une recherche de responsabilité de défaillance dans la chaîne du réel.
Les logiciels, didacticiels et outils ne sont pas en cause mais ils ne donnent que ce qu'ils peuvent donner. Cependant ils anésthésient l'intuition, laquelle consiste écouter un général qui dit que l'armée est exsangue et à se garder de mettre des loups dans les bergeries ("homo hominum lupus"!). Peut-être l'erreur la plus grande des ainés a-t-elle consisté à laisser croire à leurs cadets qu'ils y arriveront sans transmission, sans lent apprentissage! Platon était réservé quant à l'usage de l'écrit lequel à ses yeux affaiblissait le pouvoir de transmission orale des maîtres et peut-être l'épreuve la plus grande qui attend ce quinquennat est de confronter une génération nouvelle, largement impréparée, à l'épreuve du réel sans qu'elle ne songe à tempérer ses ardeurs par la pondération des ainés.
Le portait officiel présente notre président avec le Rouge et le Noir en arrière plan. Selon la rumeur, il s'identifierait au héros Julien Sorel, avide d'en découdre et de conquérir le monde. Peut-être aurait-il été bien avisé de poser à côté du roman de Stendhal les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle, empereur, stoïcien, et homme le plus puissant de son temps.

 

Posté par acontrecourant à 16:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

18 juillet 2017

Lire en été, nouvelles parues aux éditions de l'Abat-jour

L'été s'installe, majestueux tel un chant de cigales. 

Une saison suspendue au solstice,

Parfois, à la lecture, propice,

Face à la mer, étale.

 

Peut-être n'avez-vous pas encore eu le temps de lire ces deux nouvelles parues aux éditions de l'Abat-Jour, dans sa revue l'AMPOULE, numéros 20 et 23, toutes deux en lecture libre. 

En voici les liens et bonne lecture! 

  

ampoule 20

REITRES dans le numéro 20, page 74,

lien:   http://www.editionsdelabatjour.com/2016/06/l-ampoule-n-20.html

 

 

 

 

 

 

Ampoule-n-23

LES PETITS CARNETS, dans le numéro 23, page 97,

lien:     http://www.editionsdelabatjour.com/2017/06/l-ampoule-n-23.html

 

 

 

 

 

 

 

Posté par acontrecourant à 20:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 juillet 2017

Wasselonne en croquis (2017)_2

suite

Wass_2017_3

Wass_2017_4

Posté par acontrecourant à 09:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 juillet 2017

Wasselonne en croquis (2017)_1

croquis à la mine de plomb et au lavis

Wass_2017_2

Wass_2017_1

 

 

Posté par acontrecourant à 11:53 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 juin 2017

La revue L'AMPOULE publie la nouvelle LES PETITS CARNETS dans son numéro 23

Ampoule-n-23

Les éditions de l'Abat-jour, sises à Bordeaux, publient une revue littéraire, trimestrielle et numérique dont le titre est l'AMPOULE. Le numéro 23 de la revue est consacré à la dichotomie ABSENCE & DISPARITION. La revue a retenu ma nouvelle LES PETITS CARNETS, dont le titre initial, la maladie de l'oubli, donne une indication quant au thème exploré. 

En voici un extrait: "Un sursis, s’est exclamé le médecin de famille en levant les bras au ciel. J’ai fini par m’en ouvrir à lui et il m’a dit que la maladie évolue par paliers, comme la marée montante quand, sur la plage, elle défait la forteresse de sable érigée par des enfants. Les vagues déferlent et meurent dans un dernier souffle, elles grignotent les festons par petites bouchées, puis soudain une vague plus hardie s’avance et renverse ce qu’il reste de digue. Il faut consolider les festons. Consolider et mettre l’esprit sous tension, lire, beaucoup d’activités physiques ou domestiques ! Il n’y a donc rien à faire, lui ai-je dit avec un geste de colère, quoique je susse qu’il n’y avait pas grand-chose à faire, je l’avais lu et relu. Le médecin a déposé devant moi toute l’impuissance de ses mains ouvertes. Le combat, c’était à moi de le mener désormais, tenir les festons.

 

lien sur le site des éditions: http://www.editionsdelabatjour.com/

 

lien sur le numéro 23: (pour la nouvelle, Les Petits Carnets, se rendre à la page 97)

http://fr.calameo.com/read/000676683ffb3d348ae2f?bkcode=000676683ffb3d348ae2f

 

Posté par acontrecourant à 14:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 juin 2017

Le TGV arrive à Bordeaux, et après?

TGV Bx

Nous sommes à quelques semaines, que dis-je, quelques jours de la mise en service de la ligne nouvelle TGV Tours-Bordeaux, et déjà Bordeaux-Métropole et SNCF pavoisent. Un jour nouveau point à l'horizon, une ère nouvelle s'annonce, Paris n'est plus qu'à deux heures de Bordeaux, sonnez trompettes et buccins. L'Aquitaine sort enfin d'une sorte de Moyen-âge et entre dans la modernité des cités connectées par la grande vitesse, en dehors delaquelle point de salut! Nous entendons d'ici, diffusés aux heures de grande écoute, les interviews de Girondins ayant fait en une journée l'aller-retour à Paris pour visiter quelqu'exposition ou musée!


Par cette ironie liminaire, nous voulons cependant prendre quelques distances avec cette euphorie obligatoire et, si nous sommes transportés, nous le sommes de perplexité tant le tableau d'ensemble nous semble, globalement, s'assombrir! Nous parlons de tableau à dessein, car il n'y a pas que le train, la grande vitesse, les TGV flambants neufs et la marquise de la gare St-Jean repeinte à grands frais. Il y a aussi l'évolution des territoires, de la métropole, des zones rurales, de l'emploi et tant d'autres choses dont nous renonçons à dresser la liste. La mobilité et ses vecteurs constituent un élément parmi d'autres d'un système, d'un ensemble territorial, au sein duquel les paramètres ne bougent pas indépendamment les uns des autres. Ainsi veut-on nous convaincre que les progrès annoncés dans la mobilité préfigurent d'autres progrès dans d'innombrables domaines et que la lumière qui s'allume dans un coin du tableau est appelée à se répandre. Pourtant nous pressentons qu'il n'en est rien, bien au contraire, nous croyons que les progrès ici sont contrebalancés par des regressions là-bas, à la manière de vases communicants qui compensent leurs fluides, et nous croyons même que les signes en sont déjà perceptibles, du moins aux yeux de ceux qui consentent à voir ce qu'ils voient, comme disait le regretté Péguy!


Sans doute, parmi toutes les choses qui méritent d'être vues, certaines sautent-elles plus volontiers aux yeux que d'autres. D'année en année, la houle grignotte un peu plus le rivage, lentement, insensiblement mais obstinément, et nul ne prendrait conscience de la montée des eaux si, ici une plage ne disparaissait, là un immeuble ne s'effondrait. A l'inverse, un gain de temps d'une heure sur un trajet qui en compte trois est une chose immédiatement et intensément perceptible. Les perspectives (apparentes) qu'ouvre ce saut de vitesse le sont aussi, mais le prix à payer l'est beaucoup moins. Aussi voulons-nous parler de ce prix et, en le mesurant aux gains et aux progrès qui sont annoncés, établir ce que notre intuition nous indique depuis longtemps, à savoir que tout cela est bien chèrement payé!


Certes la prouesse technique est considérable, à la fois en maîtrise du matériel ferroviaire, en tracé de ligne et en ouvrages d'art. Les ingénieurs, cheminots et techniciens ont fait de la belle ouvrage, mais les bâtisseurs du Concorde, en leur temps, l'avaient fait eux aussi! On sait ce qu'il advint de ce dernier, nous ne voudrions pas que, victime de son succès, il advienne la même chose à l'autre. Cependant, nous voulons nous pencher quelque instants sur le paradigme de la prouesse technique. Le Moyen âge avait les siennes, chaque cathédrale est un chef d'oeuvre à la fois d'art et de technique. Elles étaient faites pour durer, elles durent encore et les fidèles qui les désertent laissent la place aux touristes qui les admirent! Notre siècle qui ne croit en rien croit au moins au progrès et veut aller de plus en plus vite comme si l'ubiquité avait remplacé l'enracinement, comme si la globalité avait remplacé la localité. Everywhere au lieu de somewhere, sans que quiconque ne songe à cet adage, qui trop embrasse mal étreint! Diable, était-il si important de joindre Paris et Bordeaux en deux heures? Seuls les mondialistes répondent à cette question!


Car, deux heures de Paris à Bordeaux, qui cela intéresse-t-il? Combien de navetteurs quotidiens résidant à Bordeaux et travaillant à Paris, et quand bien même, à l'ère de la parcimonie environnementale et du télétravail, est-il raisonnable de consommer tant d'énergies et de deniers pour permettre à quelques centaines de cadres supérieurs d'habiter à 600 kms de leur lieu de travail quotidien? Les cadres aquitains pourront être à Paris pour une réunion à 9h du matin, nous dit-on. Certes, mais ils en avaient déjà la possibilité en empruntant l'avion. Les touristes chinois en visite à Paris pourront plus aisément faire un crochet en Aquitaine, nous dit-on encore. Certes, mais ils n'en seront pas plus nombreux et le chiffre d'affaires supplémentaire constaté en Aquitaine le sera au détriment de l'Ile de France. Quant aux touristes autres que chinois, notre petit doigt nous dit que peu leur importe d'arriver vite à destination!


Ce qu'on ne nous dit pas en revanche, c'est que cinq voyageurs ferroviaires sur six empruntent un TER. Ce qu'on ne dit pas non plus, c'est que les voyageurs entre Paris et Bordeaux trouvent toujours ou un TGV ou un avion, tandis que quatre voyageurs régionaux sur cinq empruntent une voiture par défaut d'offre TER adéquate. Ces chiffres seront utilement affinés par les transporteurs et les services de l'Etat mais les ordres de grandeur donnent une idée des enjeux: le besoin de progrès en matière de transport ferroviaire se trouve plus volontiers du côté du voyageur qui, tous les jours, se paye Bordeaux-Langon aller-retour, plutôt que du côté du voyageur qui, occasionnellement, se paye Paris-Bordeaux. En d'autres termes, le TER plutôt que le TGV! Last but not least, ce qu'on ne nous dit pas, c'est la majoration tarifaire du billet comme conséquence d'un bail léonin accordé à un concessionnaire, majoration qui poussera nombre de voyageurs à se rabattre sur l'offre low cost ou sur les bus Macron! Et nous nous refusons à ce stade d'envisager l'hypothèse que le personnel politique acquitain ait été motivé par le souci de rejoindre au plus vite les bancs de l'Assemblée Nationale afin d'améliorer les ratios de présence!


Nous ne voulons absolument pas contester le fait qu'un gain de temps d'une heure (sur un trajet Paris-Bordeaux qui en compte trois) soit un progrès, nous voulons en revanche non seulement souligner qu'il s'agit d'un progrès anecdotique qui intéresse un petit nombre d'individus (des CSP certes!), mais encore dénoncer que ce progrès accompli pour quelques privilégiés fut fait au détriment du grand nombre qui reste avec les moyens de transport d'un autre siècle, et ce ne sont pas les quelques Regiolis et Regio2N à la fiabilité incertaine qui changent fondamentalement la donne. Car les deniers publics sont comptés et ceux qui furent consacrés à la ligne nouvelle Tours-Bordeaux (quelques huit milliards nous dit-on, avant suppléments et ajustements) font cruellement défaut à la modernisation du réseau TER à propos duquel nous voulons dire qu'il prend désormais une place stratégique au sein de ces zones périurbaines en lesquelles nos métropoles s'étendent.


Ces zones, nouvelles, se sont constituées au cours des trente ou quarante dernières années. La ville a grignoté les zones vertes et les terres arables alentours en un mouvement qualifié par l'administration de mitage, mouvement que les politiques d'urbanisme depuis une quinzaine d'années cherchent à contenir. Les métropoles, françaises notamment, ne cessent de grossir et concentrent les populations à la manière dont les trous noirs concentrent la matière céleste. Les zones rurales en sont désertées, faute d'emplois certes, mais aussi faute de transports en communs à la hauteur des attentes, et les deux fautes, les deux manques sont imputables, notamment, à la même cause, à savoir la fiscalité (considérée au sens large, impôts et charges comprises).


La fiscalité en notre pays est (quasi) homogène dans les prélèvements mais inégalitaire dans les affectations. Pour un euro alloué en zone rurale, deux le sont en zone urbaine! Cette fiscalité de surcroît est parmi les plus élevées en Europe et, même s'il n'y a pas consensus sur ce point, il n'est pas inutile de rappeler que les charges élevées qui pèsent sur le coût du travail handicapent la compétitivité de ce dernier, que l'indispensable compétitivité est dès lors obtenue par des économies d'échelle et donc des concentrations d'activités, c'est à dire la concentration dans les zones périurbaines d'activités qui auparavant, disséminées, donnaient vie à nos petites villes et zones rurales. Cette fiscalité, élevée, alimente des dépenses de l'Etat jugées excessives par tout économiste sérieux (quelques 56% du budget de l'Etat est consacré au fonctionnement de l'Etat, soit 10% au-dessus de la moyenne européenne) ainsi que des projets d'aménagement du territoire dont le bénéfice pour le bien public reste contestable (et contesté). Il s'en suit qu'il y a un rapport, indirect mais non moins patent, entre une ligne nouvelle de TGV, coûteuse, et la désertification alentours. Le suréquipement d'un côté se paye toujours par le sous-équipement de l'autre!


Attardons-nous encore quelques instants sur cette dynamique de trou noir qui caractérise une métropole (française). La desserte ferroviaire à grands frais d'une métropole de 750 000 habitants (Bordeaux) présente un équilibre économique insuffisant, il était donc nécessaire de faire grossir cette dernière. Ainsi est né le paradigme de la métropole millionaire Bordeaux 2030 (+250 000 habitants, + 75 000 emplois, + 50 000 logements). Ses défenseurs soutiendront mordicus que l'attractivité territoriale de l'Aquitaine est telle que la population y croît plus vite qu'ailleurs et qu'il était impensable de laisser ces apports s'installer de façon anarchique. Le besoin d'ordre est louable mais les choix qui ont été faits n'ont pas consisté à renforcer le tissu de villes moyennes autour de Bordeaux (Libourne, Langon, Lesparre ...) mais à densifier le territoire métropolitain par des quartiers nouveaux surgis presque sui generis, avec d'innombrables malfaçons du bati, avec un déficit d'écoles, de crèches et de services publics, d'arbres, d'espaces verts et d'oiseaux pour les rendre vivants, avec un déficit de perspectives et d'espacement, avec un déficit de KWh, d'octets et d'eau courante, avec un déficit de silence et de sérénité, avec un déficit de places de parkings et un réseau viaire qui est ce qu'il est (c'est à dire sursaturé en voitures), et des réseaux de transports en commun (TER, tram et Transgironde) qui auraient nécessité des investissements d'un autre ordre. Il s'en suit que la ligne nouvelle Tours-Bordeaux sera mise en service au sein d'une métropole en pleine mutation, où certes les abords de la gare St-Jean ont été modernisés, mais où le tissu périrubain croît à marche forcée, sous l'impulsion d'une technocracie qui croit pouvoir cordonner l'évolution de tous les paramètres et qui n'en reste pas moins sourde aux lacunes et aux problèmes dont nous découvrirons l'ampleur au fil du temps et à mesure que s'éteindront les bulles de ce Champagne qui coulera à flot pour en fêter l'avènement.


Aussi, à quelques semaines de l'inauguration de la ligne nouvelle et de l'arrivée du TGV en grandes pompes à Bordeaux, prenons-nous quelques distances avec l'euphorie qui prévaut urbi et orbi et voulons-nous partager quelques prémonitions inquiètes (d'autant plus que l'amélioration de la ligne historique, à peu de frais, eût généré un gain de temps suffisant!) même si nous n'ignorons nullement que les Cassandre ne sont jamais écouté(e)s.