Roland Goeller, bibliographie et chroniques, textes et dessins

30 septembre 2016

Album photo_Wasselonne

création d'un album photo regroupant mes croquis faits à Wasselonne, Bas-Rhin,  Grand-Est puisque les choses s'appellent ainsi désormais.

 

http://acontrecourant2.canalblog.com/albums/carnet_de_voyage_wasselonne/index.html

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28 septembre 2016

Javier MARIAS, Comme nos amours (Los enamoramientos), roman, 2011

Sans doute la narratrice, Maria Dolz, éditrice madrilène, s'ennuie-t-elle pour prêter attention à ce couple

javier_Marias

qu'elle rencontre chaque matin, dans un café, couple dont le bonheur et l'harmonie apparents l'irradient. Beaucoup de (bons) romans partagent avec les béguins (los enamoramientos) le fait de survenir à la sortie des territoires incertains de l'ennui. Au retour des vacances cependant, le couple ne vient plus et Maria apprend par la presse que le mari, Miguel Devern, a été assassiné dans des circonstances confuses par un individu présenté comme atteint de démence. Elle décide de rencontrer Luisa, la veuve, pour lui exprimer sa sympathie, et fait alors la connaissance d'un ami de la famille, Diaz-Valera, personnage à la fois ambigu et fascinant. 

Cependant, la sympathie qu'éprouve une femme pour un couple qu'elle ne connaît que de vue ne suffit pas pour entraîner un lecteur à sa suite, cela, le romancier Javier Mariàs le sait. Aussi prend-il un soin particulier à installer le personnage de Maria tout au long de la première partie du roman. Maria glisse d'une digression à l'autre, d'une réflexion à l'autre, le fait divers lui en donne matière: la mort, l'absence, le deuil, l'indifférence, l'oubli ... Le suspens n'est plus tant de savoir dans quelles circonstances Devern a été assassiné mais que d'apprendre pour quelles raisons cela intéresse tant Maria. La fascination est le piège dans lequel se précipitent les personnages qui s'ennuient et le roman sert à installer le décor de la seconde partie, celle où Maria, devenue amante de l'ami Diaz-Valera, mène à son corps défendant une minutieuse enquête sur le rôle trouble que ce dernier semble avoir joué dans l'assassinat.

L'intrigue prend alors un autre chemin et le suspens change d'objet. D'une part Maria a connaissance des agissements de son amant à la faveur d'une indiscrétion dont elle ignore si elle est démasquée. D'autre part elle élabore des hypothèses de scénario qui jamais ne sont confirmées. Diaz-Varela est-il le commanditaire du crime de son ami Dvern dont il convoite la femme? Est-il à l'inverse l'exécuteur testamentaire de son ami qui lui aurait révélé sa maladie incurable? Ce que Maria met en lumière nous ouvre bien moins les minutes d'un procès que les tourments et les ambiguïtés d'une âme, ni blanche ni noire, en proie à la complexité du réel.

Là où le juge et la justice doivent, en vertu du droit positif, prendre partie, le romancier (tels Balzac, Alexandre Dumas ou Shakespeare dont il convoque l'ombre du colonnel Chabert, milady de Winter ou encore Macbeth) se tient à distance salutaire, abrité derrière un personnage qui consumme son béguin (los enamoramientos) dans l'impossible recherche de la vérité. Le récit de Javier Mariàs construit une trame propice à cette recherche et à la pondération des arguments. Quelle est la nature de la curiosité morbide que tout un chacun éprouve pour les faits divers? En quoi consiste l'oubli d'un être cher et en quoi l'impossible oubli engloutit celui ou celle dont la mémoire devient trop pesante? Le sacrilège d'une vie fauchée ne tient-il pas autant à l'imagination du crime à venir qu'à sa méticuleuse exécution? Jusqu'à quel point los enamoramientos ne sont-ils pas futiles, voire mensongers?

La phrase de Mariàs n'en est que plus ample, comme portée par un souffle qui a besoin de toute sa puissance pour embrasser la complexité des sentiments et des âmes dans lesquelles ils se miroitent. Les événements sont toujours trop denses pour que le récit puisse les saisir. Il les contourne et cherche à en décrypter le sens a posteriori, avec une exigence exempte de compromission. 

extrait: "Je me rendis compte alors qu'en réalité elle (Luisa) ne m'avait pas non plus parlé de Devern. Elle ne l'avait pas évoqué, ni n'avait décrit son caractère ou sa manière d'être, elle n'avait pas dit combien tel ou tel trait de sa personnalité ou telle ou telle habitude qui leur était commune lui manquait, ou combien elle était affligée qu'ait cessé de vivre - par exemple - quelqu'un qui jouissait autant de la vie, comme il m'en donnait l'impression. Je m'aperçus que je n'en savais pas plus sur cet homme qu'avant d'entrer. Jusqu'à un certain point, c'était comme si sa mort anormale avait obscurci ou gomme tout le reste, ceci arrive parfois: la fin de quelqu'n est si inattendue, ou si douloureuse, si frappante, si prématurée ou si tragique - dans certains cas si pittoresque, ridicule ou sinistre - qu'il est impossible d efaire référence à cette personne sans qu'aussitôt cette fin l'engloutisse ou la contamine, sans que sa spectaculaire façon de mourir noircisse toute son existence préalable et d'un certaine façon l'en prive, ce qui est des plus injuste."

 

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16 septembre 2016

Le burkini dans tous ses états

 

 

 

 

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Dans cette affaire, il ne faut pas tenir pour négligeable que le traumatisme des attentats est encore présent à tous les esprits. Ces attentats sont imputables à un certain islamisme politique, certes, mais, d'une façon ou d'une autre, la visibilité des burqas ou des burkinis rappelle la persistance des menaces et la réalité du traumatisme (leur recrudescence dans l'espace public retarde le travail réparateur de la mémoire). On ne peut pas empêcher les gens de faire des rapprochements, même infondés, même si les femmes en burqas ou burkinis, dans leur grande majorité, ne songent nullement à commettre un attentat. Il n'y a pas de rapport causal, contractuel ou juridique, direct entre le port de la burqa ou du burkini et une quelconque responsabilité dans les attentats. Il n'en est pas moins vrai que l'opinion publique reste traumatisée et que la tentation est grande, pour les responsables politiques, d'interdire légalement ce qui rappelle le traumatisme. Cette volonté se heurte hélas non seulement au droit constitutionnel actuel (sauf à la changer) mais aussi au principe d'efficacité. D'une part, il n'est pas juridiquement fondé de faire un procès d'intention d'attentat (ou de trouble à l'ordre public) à une femme portant le burkini. D'autre part, ce n'est pas en escamotant un symbole que la menace disparait pour autant. L'attitude est quelque peu trissotine (Cachez ce burkini que je ne saurais voir!) Elle n'a cependant rien à envier à son pendant, à savoir la crainte de l'islamophobie, la crainte qu'on ne mette tous les mulsumans dans le même sac. Cette crainte suppose que les Français, dans leur grande majorité, commettent délibérément des amalgames que seuls des gardiens éclairés pourraient contenir. Elle conduit maint intellectuel à prendre paradoxalement la défense du burkini, de la liberté pour les femmes d'apparaître autrement qu'en burkini. Il y a cependant une dose de mauvaise foi dans ces postures et cela pour deux raisons. En premier lieu, au nom de la liberté les défenseurs du burkini militent pour quelque chose qui va dans le sens de la restriction des libertés (mais, après tout, ils sont libres de cette prise de position). En second lieu, ces postures souvent théâtralisées ignorent la réalité du traumatisme lié aux attentats et feignent d'ignorer qu'elles jettent de l'huile sur le feu. Il est étonnant que ni les burkineuses ostentatoires, ni les gardiens en islamophobie ne prennent cela en considération. Le port de certaines tenues vestimentaires, en ces temps de menace, peut être considéré comme une provocation. A tort ou à raison, il est vu comme une provocation par nombre de personnes que les attentats ont traumatisées. Aussi témoigne-t-il, de la part de ceux qui s'y livrent, d'une curieuse conception de ce fameux "vivre ensemble" que les  progressistes donnent comme acquis, et les explications avancées ne convainquent pas grand monde. Car le "vivre ensemble" ne va pas de soi. Il se construit à force de retenues, de concessions réciproques, de discrétions et non de provocations. Il est étonnant que les gardiens en islampophobie, si prompts sur d'autres sujets, fassent preuve vis à vis du burkini d'autant de cécité et de mutisme, voire de complaisance. Il est étonnant aussi que, par prétendue solidarité, des femmes occidentales se baignent en burkini sur les plages bretonnes et que les jeunes militantes du PS défilent pour sa défense dans les rues de Paris. Rappelons que les mères de ces femmes militaient pour le droit de vote des femmes. Jean-Luc Mélenchon déclare fort à propos: "Nous sommes face à une offensive de l'islamisme politique et nous n'en sommes pas dupes". Nous n'en sommes pas dupes, mais en sommes-nous si sûrs? Apparemment, les baigneuses bretonnes et les militantes du PS veulent ou feignent l'être! A moins qu'elles ne le soient réellement !

 

 

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06 septembre 2016

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04 septembre 2016

Agenda septembre et octobre

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La séance dédicace prévue à CORA - Dorlisheim (67) est annulée.

D'autres séances-dédicaces sont prévues:

- le 9 octobre prochain au salon du livre de St-Estèphe en Médoc

- le 16 octobre prochain au salon du livre de Sauveterre-de-Guyenne?

 

Je présenterai mon dernier livre:

Cahiers français ou la langue confisquée

paru aux éditions Sutton

 

Pour commander:

http://boutique.editions-sutton.com/sutton/Article/Cahiers-francais-ou-la-langue-confisquee-9782813809148.aspx?

 

 

 

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03 septembre 2016

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28 août 2016

Laïcité

Elisabeth Badinter "ne pardonne pas à la gauche d'avoir abandonné la laïcité", mais l'argument sonne faux. La laïcité est une tolérance; elle suppose d'accepter toutes religions mêmes celles qui font un prosélytisme actif. On ne peut demander à la laïcité plus que ce qu'elle peut donner. Lorsqu'une chose devient intolérable, c'est d'autorité dont il faut faire preuve. Mais nulle autorité sans convictions. Elisabeth Badinter fait elle aussi partie de cette gauche qui n'a plus assez de convictions pour fonder une autorité!

La laïcité est peut-être le seul endroit de la pensée où il ne faut pas tendre l'autre joue!

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25 août 2016

Progressiste

une tentative de constitution d'abécédaire, en réponse à la suggestion d'un ami. Au départ, les articles devaient être courts et laconiques. A l'évidence, l'auscultation du thème du progressisme ne tenait pas dans les 140 signes d'un tweet!

 

 

 

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"Progresser ne consiste pas à être progressiste mais à faire des progrès". (Bertold Brecht)

Les progressistes n'ont commencé à apparaître véritablement qu'après la Révolution Française. La monarchie était dépeinte comme archaïque et inadaptée aux changements qui s'annonçaient et, dès lors, il suffisait d'en changer, d'aller de l'avant. Que cet avant soit situé devant, derrière ou sur les côtés, peu importe, l'essentiel était de mettre un pied devant l'autre. Le progressiste s'est donné du courage avec des formules frappées soi-disant au coin du bon sens: "demain est un autre jour", "qui n'avance pas recule", etc. Bref, il suffisait d'avancer, la raison d'avancer apparaitrait en avançant et il n'a pas manqué de bavards pour en produire les éléments de langage. Les progressistes ont de surcroît une propension au bavardage. Ils se définissent comme dépourvus de nostalgie, à l'opposé des conservateurs qu'ils caricaturent volontiers en benêts ânonnant "qu'avant c'était mieux". Pour les progressistes, "c'est (toujours) mieux demain". Ils ne sont pas très loin de Hegel et de ses "lendemains qui chantent" ou de sa "table rase" historique, quoiqu'ils se soient rapidement tournés vers son disciple le plus obtus, à savoir Marx.

Ainsi, le progressiste s'écrie-t-il volontiers : "Allons-y, nous verrons bien comment !", tandis que le conservateur, prudent, objecterait: "Vers quoi sommes-nous appelés? Quel est le tableau de nos ressources et quelles étapes, raisonnables, nous permet-il d'atteindre?"

L'homme de progrès véritable, c'est le conservateur, n'en déplaise, le conservateur prudent et avisé qui se soucie de l'intendance, laquelle ne suit pas forcément toujours. Mais c'est le progressiste que l'esprit de l'époque présente comme l'homme idéal, surtout depuis la Révolution, tandis que son alter-ego, le conservateur, se voit villipendé en réactionnaire, voire vichyste ou fachiste, paradigme d'autant plus surprenant que nombre de progressistes actuels sont les fils et petit-fils de vichystes collabos mouillés jusqu'au cou. Rappelons-nous, de Gaulle disait: "au plus fort de l'action, nous étions 90 000". Où étaient les autres? De même, tandis que Paul Nizan s'engageait, corps et âme, dans le mouvement communiste, son condisciple normalien Sartre restait sur les gradins de l'histoire. A peine a-t-il consenti à prendre quelques tours de garde en aout 44, lorsque le gros des coups de feu était passé, ce que son rival Camus n'a pas manqué de relever non sans ironie: "Alors, tu places ta chaise dans le sens de l'histoire".

Dieu étant mort, du reste, le tortueux chemin de la dialectique s'ouvre au progressiste dispensé de dire la vérité (laquelle n'existe plus) au contraire d'un Mazarin qui, lorsqu'il se voyait contraint de recourir au cynisme de la raison d'Etat, se soumettait a posteriori à une longue pénitence. Mais point de pénitence pour qui la fin justifie les moyens, pleinement et sans vergogne (encore un mot rayé dans le vocabulaire progressiste). Point d'état d'âme, il suffit de fixer le cap (lequel se dérobe au regard aussi sûrement que la ligne d'horizon) et de mettre les appareils en branle, d'inféoder les ressources au fonctionnement des appareils dont la performance augmente avec les technostructres et les techniques de communication en lesquelles les progressistes excellent: puisqu'on y va (sans savoir où), autant y aller gaiement et raconter l'histoire qui convient, dérouler le fil narratif qui ne retient du réel que ce qui étaye le cheminement. Il est à noter que les conservateurs, les traditionnalistes et les réacs de tous poils ne vont "nulle part". Ils se contentent d'obéir à la parole qui leur a été transmise par leurs pères. Ils savent que "bien nommer les choses" consiste à les nommer comme firent les pères. "Je maintiendrai", selon la devise de la maison d'Orange-Nassau. Pour un progressiste, au contraire, il n'y a rien à maintenir. Transmission, héritage, lignée, etc, sont des concepts qui écorchent sa sensibilité et les René Char, Heidegger, Hölderlin ou encore Héraclite comptent parmi les phares qu'il évite d'approcher. Le progressisme élevé au rang de système de pensée a peu à peu pris la place de la tradition, de l'héritage, du rituel, de la religion, peut-être même du sacré, et la réduction ad unum de tant de champs donne la mesure de sa prétention (affichée en ambition, toute vergogne écartée) et de son insignifiance.  

Blasphème. Dieu étant mort, la notion même de blasphème est abolie; cependant les audaces (artistiques, sémantiques, philosophiques) ne sont que transgressions. Le progressiste aime transgresser, il a fabriqué tout un vocabulaire ésotérique pour celà: mouvances, champs pluriels, expérimentations, hors-champ, déambulations ... Dieu étant mort, tout est permis, jusqu'au blasphème. Avec "Piss-Christ", un certain Serrano expose en Avignon un crucifix trempé dans de l'urine. A Paris, place de Valois, un autre certain McCarthy expose des plugs anals géants qu'il intitule "sapins de noël". Les progressistes se pâment et en redemandent. Une certaine ministre de la culture, benoîte et fâchée avec les livres, accuse les catholiques offensés de vouloir dresser des "listes d'art dégénéré".

Egalité et genre. Dieu est mort et les hiérarchies appuyées sur les théocracies s'effondrent. La nature a crée des différences, des hiérarchies, de la dicrimination, de la violence, des forts et des faibles et des sexes. Qu'à cela ne tienne, revoquons la nature, cet artefact divin. Le progressiste ne recherche pas les généralités mais les minorités, de préférence opprimées. Du colonialisme, il ne reste que l'oppression à grande échelle exercée par les occidentaux, coupables jusqu'à la fin des temps et comdamnés à un éternel repentir. Des sexes, il ne reste que le genre, masculin-féminin, parfaitement culturel et réversible. Les petites filles joueront au camion et les petits graçons aux poupées, dut-on les contraindre. Quant aux familles et aux nations ... Le progressite recherche l'égalité à tous prix, homme-femme, autochtone-immigré, culture millénaire-culture exotique, valide-handicapé (rebaptisé en PMR), etc. La loi ne saurait garantir l'égalité que des droits, mais le progressiste veut plus, il veut aussi l'égalité des conditions. Que la loi corrige ces inégalités que la nature a si imprudemment répandues! "Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec cet intolérable atavisme des familles" s'écrie un ancien ministre de l'éducation. Dans les banlieues présentées ad nauseam comme des zones d'exclusion sont injectés des milliards d'argent public censé corriger les inégalités. Les concours d'accès aux grandes écoles comportent des quotas réservés aux quartiers défavorisés.  Le système de notation est assoupli pour ne pas stigmatiser. Mais pas un instant, il ne viendrait à l'idée du progressiste de demander une contrepartie, un effort. "Aide-toi et le ciel t'aidera", dit le livre des Proverbes, mais il est vrai que l'Ancien Testament n'est plus une référence certifiée.

Management et compétences. L'homme, c'est d'abord un métier. Tailleur de pierres, typographe, éleveur, boulanger, métallo ..., chroniqueur, écrivain. Mais l'entreprise moderne new-look in-the-move tourne le dos à ces vieilles lunes. Les métiers, ce sont des savoir-faire, des transmissions, des parainages, des corporations voire des initiations. Les métiers, c'est compliqué pour qui n'a pas la patience des chemins d'initiation. L'organisation traditionnelle était subordonnée aux exigences des métiers, ce qui supposait des dirigeants polyvalents, capables de dialoguer avec les hommes du métier. Point de cela dans nos entreprises modernes, l'organisation tourne désormais autour des produits et des clients, l'homme de métier est relégé au rang de fournisseur de compétences que le gestionnaire mobilise en tant que de besoin. Les corporations et castes au sein desquels les compétences se tranmettaient par apprentissage disparaissent, les compétences sont désormais téléchargeables en trois cliques. Des bataillons d'informaticiens modélisent des applications censées transmettre le savoir-faire. Et lorsque les constructions nouvelles se fissurent, les ponts s'effondrent et les trais déraillent, les gestionnaires organisent des retours d'expérience, disculpés par définition et par avance de la médiocrité qu'ils ont organisés. Il y a désormais entre le client et le maître d'oeuvre un troisième larron: le gestionnaire qui prétend organiser les marchés et tire à la fois les ficelles et les marrons du feu. 

A tout bien prendre, le progressiste est cet homme révolté - apprenti sorcier - qui ne sait pas qu'en tuant Dieu, il brise aussi toute référence sacrée. Mais le mot de la fin appartient à Albert Camus lequel a conclu ainsi son discours de réception à l'académie Nobel (1957) par cette phrase: "Chaque génération sans doute se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse".

 

illustration: Vasarely

 

24 août 2016

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23 août 2016

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22 août 2016

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21 août 2016

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voiliers dans le port de St-Martin-de-Ré

 

 

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20 août 2016

Instincts animaux

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Les animaux ont l'instinct du territoire et nous, humains, sommes aussi des animaux. Nous ne sommes pas que des animaux, nous sommes quelque chose en plus qui cependant n'abroge pas ce qu'il y a en nous d'animal. Animaux donc, en raison de notre instinct animal, nous avons par conséquent l'instinct du territoire, tout cela n'est qu'une question de logique, ou d'algèbre de Boole si l'on préfère. Cela en revanche contrarie considérablement les progressistes, lesquels ont décidé une fois pour toutes que les questions de territoire, de frontières ou de nations étaient des archaïsmes. Aussi ont-ils décidé que nous devions cesser d'être des animaux, que nos instincts animaux étaient parfaitement culturels, réversibles, éradicables, déconstructibles ... Mais les progressistes n'en sont pas à un sophisme près.

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19 août 2016

Faillite du pacte républicain

 

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La monarchie a donné son lot de génies et de médiocres mais, en moyenne, la gouvernance était assurée et les sujets ne souffraient pas tant d'absence de démocratie que d'absence d'électricité et d'engrais. La république cependant a balayé le pacte royal, elle a confié le pouvoir au peuple et à ses représentants lesquels ont peu à peu écarté Dieu des questions publiques. Le citoyen électeur, autoproclamé, ne rendait compte qu'à lui-même. Implicitement, les Lumières devaient embraser les esprits là où Dieu s'était retiré. Elles le firent aussi longtemps que Dieu, pas rancunier pour un sou, gardait un oeil sur ses ouailles, mais il y eut l'affaire Dreyfuss, le loi de 1905, la grande hécatombe de 14 et les sciences sociales. Le pacte républicain supposait que les citoyens électeurs parvinssent à un niveau d'éclairement propice à la conscience du bien public. Pour suppléer l'absence de Dieu, il fallait bien un surcroît d'école. Là où Dieu et le Roi imposaient une raison d'être ensemble, il fallait bien que l'école jetât un peu plus de Lumières dans les recoins. L'école avait une mission sacrée, sacralisée dirait-on de nos jours. Lorque l'école faillit à sa mission la raison  d'être ensemble se transmue, se dévalue en "vivre ensemble", aux définitions et contours si incertains que tout le monde tire à hue et à dia. Quelle croyance, quelle divinité ce peuple invoquera-t-il lorsque poindra une menace, une menace portée par des hommes prêts à mourir?